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Maurras écrivain, artiste, poète

"Sur la politique, Maurras réagit en écrivain, en poète et en artiste."

Commandez Nouvelle Ecole 66 Charles maurras sur le site Revue Eléments
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À l'occasion du nouveau numéro de Nouvelle École, voici un entretien d'Alain de Benoist à propos de Charles Maurras datant de 2001, dans le Bulletin Charles Maurras.

Comment avez-vous rencontré l'œuvre de Maurras ?
J'ai fait la connaissance de l'œuvre de Maurras au tout début de l'année 1960. J'avais alors à peine plus de seize ans. A cet âge-là, on a surtout les convictions de ses curiosités. J'ai d'abord découvert l'hebdomadaire Aspects de la France, que j'ai lu régulièrement pendant quelques temps. Le 31 mai 1960, j'ai également assisté à une réunion organisée au Musée social par la Restauration nationale. Quelques mois plus tard, venant d'entrer en faculté de droit, j'ai fréquenté un cercle d'Action française qui se réunissait au domicile du futur avocat Bernard Vincenti. On y lisait des pages de Maurras. C'est là que j'appris que le fondateur de l'Action française était mort, le 16 novembre 1952, dans cette même clinique de Saint-Symphorien, dans la banlieue de Tours, où j'étais né neuf ans plus tôt ! Mais je n'ai pas gardé de cette époque un souvenir très mémorable. Dès l'année suivante, je me suis tourné vers d'autres horizons.
Par la suite, j'ai repris plus sérieusement, et surtout plus systématiquement, la lecture de Maurras. Il est même devenu l'un des quarante ou cinquante auteurs dont je me suis plu à collectionner les ouvrages. Aujourd'hui, je possède un peu plus de 600 livres signés par Maurras ou par d'autres figures historiques de l'Action française, ou bien encore consacrés à cette école. Ce qui n'est pas trop mal, je crois, pour un non-maurrassien !

Lesquels de ses livres continuent à nourrir votre réflexion, votre œuvre ou votre combat ? Sur quelle(s) question(s), considérez-vous qu'un « bilan critique » de l'œuvre de Maurras doive être établi ?
Maurras est avant tout pour moi un objet d'étude. Ses démonstrations ne m'ont jamais convaincu. Le « bilan critique » que vous me proposez de dresser est donc avant tout pour moi une occasion de dire pourquoi je ne suis pas maurrassien (ce que je n'avais encore jamais eu l'occasion de faire). Mon jugement vous paraîtra sans doute sévère, voire injuste. Mais il reflète ce que je pense. Il n’est inspiré par aucun mauvais sentiment.
Allons tout de suite à l'essentiel. Tout le monde sait que la pensée de Maurras est une synthèse de positivisme et d'idées contre-révolutionnaires, son nationalisme provenant paradoxalement du premier beaucoup plus que du second (les auteurs contre-révolutionnaires ont fréquemment critiqué le nationalisme). Maurras emprunte à l'expérimentalisme d'un Joseph de Maistre comme au positivisme d'un Auguste Comte. Il se rattache aussi à Taine, matérialiste incontestable, qui soutient que la pensée n'est rien d'autre qu'une sécrétion du cerveau, sans doute parce qu'il est aussi un théoricien du déterminisme (« la race, le milieu et le moment »). Mais ce qui fait son originalité, c'est d'être un théoricien de la monarchie, et même, comme l'a dit Georges Sorel, « le plus éminent théoricien que la monarchie ait jamais possédé ».
Cette théorie n'est pas faite en soi pour me gêner : du point de vue de l'histoire des idées, le principe monarchique a des mérites évidents. Le problème vient plutôt de ce que Maurras veut être à la fois le théoricien de la monarchie et l'apologiste de la monarchie française. D'un côté, il énonce un principe général ; de l'autre, il estime qu'il existe une sorte d'adéquation privilégiée entre ce principe et sa cristallisation dans une expérience historique particulière, les « quarante rois qui ont fait la France ». Nationalisme et monarchisme sont à peu près synonymes à ses yeux, mais c'est apparemment le premier qui l'a conduit au second. Cela limite évidemment la généralité de son principe. Le fait que de nombreux pays germaniques aient été gouvernés par des rois, par exemple, n'a jamais atténué ses préjugés antigermaniques ! Sa démonstration de la supériorité intrinsèque du principe monarchique sur le principe républicain ou démocratique s'associe de ce fait à une idéalisation, que j'estime insoutenable, de l'Ancien Régime. Maurras, pour ne citer que cet exemple, ne voit pas que les corps intermédiaires ont commencé à se disloquer sous l'action de la monarchie administrative, et que cette dislocation commence avec la lutte contre le système féodal. Il affirme que la monarchie française était fondamentalement décentralisatrice, alors que c'est le contraire qui est vrai. Cette vision idéalisée de l'Ancien Régime n'a pas seulement été contredite par l'historiographie contemporaine. Elle est déjà contredite par les observations particulièrement profondes faites au XIXe siècle par Renan et surtout par Tocqueville.
Du fait de cette idéalisation de l'Ancien Régime, Maurras est évidemment conduit à exempter la monarchie française de toute responsabilité dans les événements qui ont abouti à sa perte. Alors même qu'il se réfère à Joseph de Maistre, selon qui la valeur d'une institution se reconnaît déjà à sa durée, il s'interdit de rechercher dans l'histoire de la monarchie les causes de son déclin et de sa chute. Les causes de la Révolution ne peuvent pas être endogènes. La Révolution ne peut s'explique que par l'irruption d'un élément « étranger » au génie français. Cet élément, c'est pour lui le « romantisme ». Son livre de 1925, Romantisme et Révolution, montre que pour lui les deux mots sʼéquivalent Il décrète donc d'emblée que le romantisme est tout à la fois individualiste, donc anarchiste, donc révolutionnaire, et quʼil est en outre totalement « boche » ou « germano-sémitique ». A ce romantisme « germanique », Maurras oppose le classicisme « méditerranéen » qui a bercé son enfance. Il pense que ce classicisme est étroitement associé au culte de la raison. Il croit que le catholicisme vaut mieux que le protestantisme parce qu'il accorde plus d'importance à la raison. Par contraste, il attribue à ses adversaires un primat des sentiments, d'où découleraient toutes les idées fausses. Comme les utopies, ces idées fausses souffriraient avant tout de n'être pas fondées en raison.
Sa doctrine va dès lors se développer, non plus seulement à partir de l'opposition entre le principe monarchique et le principe républicain, mais à partir de deux autres oppositions, censées donner son véritable sens à la première : opposition conceptuelle entre classicisme et romantisme, opposition « ethnique » entre monde latin et monde germanique. C'est cette démarche que je crois reposer sur une vision totalement erronée de l'histoire des idées.
Alors que les premiers penseurs contre-révolutionnaires avaient dénoncé dans la pensée des Lumières une pensée fondamentalement rationaliste, ce en quoi ils n'avaient pas tort, Maurras prend ici le contre-pied de leurs observations. Obsédé par la critique du romantisme comme fons et origo malorum, il ne veut pas voir que ses adversaires se réclament eux aussi de la raison. Le libéralisme se veut fondé en raison. L'esprit révolutionnaire est avant tout rationaliste, la philosophie des Lumières également. Bien entendu, il y a plusieurs façons de poser la « raison », tout comme il y a plusieurs façons de concevoir la « liberté ». Mais Maurras ne se pose guère la question. Cela l'amène à contester au nom de la raison, en le décrivant comme relevant d'un romantisme larmoyant ou d’un sentimentalisme, un gouvernement révolutionnaire qui institua en France le culte de la déesse Raison, et à opposer l'idéal de l'antiquité classique à des conventionnels qui ne cessent de donner Sparte et Rome en exemple !
Maurras conteste ainsi la pensée des Lumières en lui attribuant des caractéristiques à l'opposé de celles qui sont les siennes et, corrélativement, en se situant à bien des égards dans le cadre conceptuel de ses adversaires. Sur ces bases, il fait l'éloge d'un modèle de civilisation qui, à partir du XVIIe siècle surtout, a très logiquement abouti, du fait même de la place qu'il donnait à la raison (mais bien entendu, pas exclusivement à cause de cela), au basculement révolutionnaire qu'il dénonce par ailleurs.
Il s'est à mon avis totalement trompé sur le romantisme (concept qui chez lui a des allures de fourre-tout), dont il ne veut voir que la composante « sentimentale » qu'il tourne sans cesse en dérision. Il ne connaît d'ailleurs à peu près rien du romantisme allemand, ni des théories politiques d'un Josef Görres, d'un Adam Müller, d'un Justus Möser ou d'un Friedrich Julius Stahl. Toute l'idée qu'il se fait de ce vaste mouvement se fonde sur une lecture superficielle de Rousseau et sur une réaction épidermique aux positions prises par certains écrivains français après 1830 (Lamartine, Hugo). Il ignore ce qui apparente le romantisme à l'esprit du Moyen Age et à une conception organique de la société. Il ne veut pas admettre que, non seulement en Angleterre et en Allemagne, mais aussi en France à l'époque de la Restauration, le romantisme fut un puissant moteur du traditionalisme et de la contestation des Lumières. Il va même jusqu'à critiquer le romantisme de Chateaubriand, malgré les évidentes fidélités religieuses et monarchiques de celui-ci. Contrairement à Barrès, il ne voit pas que les « puissances du sentiment » ne poussent pas nécessairement dans un sens opposé au sien. Il ne voit pas, surtout, que chez Barrès, l'accent mis sur ces « puissances » n'est pas lui-même un argument sentimental, mais un constat empirique assorti d'un argument intellectuel, sinon scientifique.
A l'inverse, il ne mesure pas à quel point le classicisme dont il se réclame reste toujours proche d'un rationalisme qui est le véritable moteur de la philosophie des Lumières, qu'il entend combattre. Il ne voit pas que le classicisme menace souvent de verser dans le mécanicisme ou dans un positivisme desséchant, alors que le romantisme, par l'importance qu'il donne à la vie, tend à restituer la véritable harmonie qui soit, l'harmonie naturelle (et culturelle) des structures organiques et des patries charnelles.
La manière dont il ramène toute la Révolution à Rousseau est tout aussi excessive. Toute l'idéologie révolutionnaire ne se ramène pas, tant s'en faut, à la philosophie de Rousseau, qui fut aussi un critique implacable de l'économisme marchand, du libéralisme anglais et du cosmopolitisme des Lumières. Là encore, Maurras ne veut pas voir que chez Rousseau, l'individualisme des postulats se conjugue paradoxalement à un holisme politique, dont les projets de Constitution pour la Pologne et la Corse portent témoignage. Son approche de l'évolution des courants d'idées au XVIIIe siècle est faussée par ses préjugés.
Cette attitude est d'autant plus paradoxale que, de même qu'il idéalise l'Ancien Régime, Maurras se refuse à reconnaître sa dette envers 1793, qui est plus grande que ses partisans n'ont jamais voulu l'admettre. Nationaliste, Maurras ne reconnaît pas que l'idée politique de nation est avant tout un legs de la Révolution, car cette idée n'a été acquise que par transfert à un corps politique, la « nation » précisément, des anciennes prérogatives (de souveraineté et d'indivisibilité) de la personne du roi. Certes, Maurras reproche au jacobinisme d'identifier arbitrairement la patrie avec un régime politique, en l'occurrence la République. Mais n'en a-t-il pas fait autant en identifiant la France au régime monarchique, tombant ainsi sous le reproche qu'il adressait à ses adversaires, de « n'aimer qu'un pays conforme à leur idéal » ? Ici et là, on trouve cependant chez lui quelques pointes d'admiration envers la Convention. Elles rejoignent l'éloge paradoxal que faisait Jacques Bainville de l'abominable Terreur de 1793 : « Malgré ses atroces folies, ses agents ignobles, la Terreur a été nationale. Elle a tendu les ressorts de la France dans un des plus grands dangers qu'elle a connus. Elle a contribué à la sauver » ! Bernanos n'avait pas tort, à mon sens, de voir en Maurras une sorte de « Jacobin blanc ». La même opinion, ou à peu près, a été exprimée par Jean de Viguerie dans un livre important, Les deux patries, dont il est dommage que l'on n'ait pas plus parlé.
Maurras n'a jamais été raciste, au sens classique de ce terme, mais sa germanophobie n'en relève pas moins d'un essentialisme qui s'en rapproche fortement. Cet antigermanisme est un peu paradoxal chez un royaliste, si l'on se souvient des origines de la dynastie franque, des princesses allemandes qu'épousèrent fréquemment les rois de France, comme de l'accueil réservé aux « émigrés de Coblence », au moment de la Révolution, par les princes allemands. Il prend chez lui la forme dʼune ethnophobie. Maurras combat l'« Allemagne éternelle » avec d'autant plus de systématisme que, de cette Allemagne tant haïe, il ne connaît strictement rien (et bien entendu, ne veut rien connaître), à commencer par la langue. Fier de son provençalisme, ce qu'on ne saurait lui reprocher, il considère le monde germanique et celtique, l'Allemagne, l'Angleterre, comme des pays de culture inférieure, dont les habitants resteront toujours des « Barbares », prisonniers de leurs passions, de leurs réactions sentimentales, et voués de ce fait à l'« anarchie ». D'où ses invectives incessantes, et même franchement ridicules, contre les « Boches », leur « culture barbare », leurs « doctrines corrompues » nées dans des « contrées où l'on jouit peu du soleil ». Dans l'esprit des pamphlets antidreyfusards et de la littérature de revanche des années 1871-1918, il va même jusqu'à produire une généalogie fantasmatique qui lui permet d'assimiler les révolutionnaires, les Juifs et les Allemands : « Les pères de la Révolution [...] dérivent de l'esprit juif et des variétés du christianisme indépendant qui sévirent dans les déserts orientaux et dans la forêt germanique, c'est-à-dire aux divers ronds-points de la barbarie ». Apostrophes qui prêtent à sourire quand on sait que Siéyès, conventionnel régicide et « anti-boche » avant la lettre lui aussi, devait créditer la Révolution d'avoir mis fin aux prérogatives de la « race germanique », après avoir dénoncé, dès 1789 (Quʼest-ce que le Tiers-Etat ?), une aristocratie issue « des Sicambres, des Welches [sic], et d'autres sauvages sortis des bois et marais de l'ancienne Germanie » !
Ce parti-pris « anti-boche » devait conduire Maurras à soutenir, au nom de l'« union sacrée » la politique qui allait aboutir à l'abominable boucherie de 1914-18. Il l'a conduit à applaudir au traité de Versailles, qu'il trouvait seulement encore trop modéré, entérinant ainsi l'évolution du droit international vers une conception « morale » (la criminalisation de l'ennemi), dont nous voyons aujourd'hui le tragique aboutissement. Il l'a conduit pareillement à approuver, en 1923, l'occupation de la Ruhr qui, avec l'humiliation née du traité de Versailles, allait constituer le principal terreau de la montée du nazisme, prenant ainsi sa part de responsabilité dans une guerre civile européenne dont nous n'avons toujours pas surmonté les effets.
Tout aussi ethnocentrique est chez lui cette idée que la « romanité » est synonyme « de civilisation et d'humanité ». « Je suis Romain, je suis humain : deux propositions identiques », dit-il dans l'introduction de La démocratie religieuse. Proposition qui, non seulement réduit abusivement la France à sa seule composante latine (« Je suis Romain parce que, si je ne l'étais pas, je n'aurais à peu près rien de Français » !) — et par suite fait de la France l'équivalent de l'« humanité » —, mais diffère au fond assez peu de cet ethnocentrisme de gauche qui n'a cessé de poser comme « universels », l'aspiration au « progrès » et les traits particuliers de l'esprit occidental. J'ajouterai qu'il est assez extraordinaire de faire gloire à la France d'avoir constamment lutté contre l'Empire, tout en faisant l'éloge de la romanité, dont le principe impérial était exactement le contraire de celui de l'État-nation.
Ce qu'il faut également noter ici c'est l'association sytématique, ethnophobique elle aussi, que fait Maurras entre les idées fausses et les idées « étrangères », au point que l'on ne sait jamais très bien si ces idées sont à la fois fausses et étrangères ou, comme il est plus probable, si ce n'est pas d'abord en tant qu'elles sont étrangères qu'elles sont fausses. La vérité (objective) du concept se laisse alors déterminer et reconduire à l'origine (subjective). C'est sans doute pourquoi Maurras reste incapable d'énoncer une véritable théorie générale. Il affirme son souci d'« universel » (un universel il est vrai ramené à la romanité), mais ne conçoit d'application de ses principes qu'au niveau hexagonal. Il souhaite le rétablissement de la monarchie en France, mais se réjouit de la diffusion des idées démocratiques dans les pays voisins, qu'il veut affaiblir. La nature des principes dont il se réclame s'en trouve évidemment affectée, puisqu'il n'est pas de principe qui n'ait une portée générale.
Comme Julius Evola ou Othmar Spann, mais à l'opposé d'un Sorel ou d'un Barrès, Maurras est par ailleurs un auteur à système. Je veux dire par là que sa doctrine forme un ensemble clos, qu'elle constitue un édifice « parfait », dont on ne saurait distraire le moindre élément. Il en résulte qu'on ne peut être maurrassien à demi : on adhère totalement à son système ou l'on n'y adhère pas. C'est ce qui explique le dogmatisme de ses partisans, qui n'ont cessé de passer leur temps à démontrer, citations à l'appui, la justesse de ses vues, jugeant insupportable toute critique, même modérée, de l'œuvre du Maître.
Maurras a malheureusement lui-même encouragé cette attitude. Une fois son système mis au point, il n'en a plus bougé. Au lieu de continuer à faire avancer sa pensée, il s'est contenté de multiplier les variations sur les mêmes thèmes, de broder sur les mêmes affirmations, dans des textes souvent mêlés d'invectives, destinés à montrer à quel point il avait toujours eu raison. Le résultat est que sa pensée, tout en restant souple et articulée, s'est déconnectée d'une partie de la réalité. Durant la deuxième partie de sa vie, il s'est contenté de camper sur des positions inamovibles, presque anhistoriques. Il n'a cessé de militer pour la « vérité politique » sans voir que la politique n'est pas seulement affaire de principes, et que la « vérité » en politique caractérise avant tout une réponse appropriée, non seulement aux principes, mais à des circonstances social-historiques nécessairement changeantes.
Maurras assure qu'il suffit de cesser de se fier aux sentiments, et de faire appel à la « raison », pour éviter de tomber dans l'utopie et pour parvenir à un système d'ordre quasiment parfait. Il se vante de bâtir son système par une suite de déductions logiques imparables, alors qu'il ne fait que des démonstrations dans l'abstrait. Son erreur, au fond, est de croire qu'il suffit de raisonner juste pour parvenir au vrai. Elle est de penser, comme l'avait bien noté Emmanuel Beau de Loménie, « que la raison est une, que tout raisonnement correctement conduit ne peut mener qu'à une seule conclusion, qui est inévitablement vraie, et que par suite tout doctrinaire qui, au lieu de se fier aux intuitions de ses passions ou de sa sensibilité, se sera soucié de raisonner juste sur les rapports de l'homme avec la société ne pourra, quant au problème de la structure politique et sociale à établir, admettre pour saine et juste qu'une seule solution, celle de Charles Maurras ». Il n'y a pas seulement là une prétention qu'on peut juger exorbitante. Il y a aussi une certaine naïveté puisque, comme je l'ai déjà dit, ses adversaires soutenaient à peu près la même chose, à ceci près bien sûr qu'ils croyaient qu'un raisonnement « juste » aboutirait aux conclusions opposées.
Tous les systèmes théoriques, même les mieux construits, sont vulnérables dans leurs postulats fondateurs. Maurras oublie que la vérité ne dépend pas seulement de l'art de raisonner, mais aussi des postulats premiers, lesquels sont par nature indémontrables. En matière sociale et politique, ces postulats définissent une anthropologie, c'est-à-dire une façon de se représenter ce qu'il en est de la nature de l'homme. Le problème est qu'en ce domaine, rien n'est décidé par avance. Selon l'idée que l'on se fait des fins humaines, plusieurs anthropologies sont toujours possibles.
Or, Maurras ne part pas d'une définition de l'homme ou de sa destinée particulière. Il part de la société, ce qui est assez différent. Il se borne à constater qu'elle est le fait premier, ce qui n'est pas inexact, mais sans s'interroger outre mesure sur la nature de ce fait. Il ne suffit pas en effet de dire, suivant Aristote, que l'homme est un animal social pour en tirer une définition de la meilleure société possible. Maurras dit que « la société ne sort pas d'un contrat de volonté, mais d'un fait de nature », et que « toute société se construit suivant des nécessités naturelles ». C'est vrai, mais que doit-on en tirer ? Que « la société préexiste à la volonté des hommes » n'empêche pas que le désir d'association y joue son rôle. Maurras loue les « inégalités nécessaires », mais ne dit pas quelles inégalités peuvent s'avérer superflues, voire néfastes. La société n'est pas un concept équivoque. Toute société est hétérogène, traversée de courants contradictoires. Le recours au concept si ambigu de « nature » ne permet pas de trancher. Une « politique naturelle » se doit de prendre en compte les déterminations dont l'homme fait l'objet, mais un déterminisme naïf aboutit vite à s'aveugler sur ce qu'il y a de spécifique (et d'indéterminé) dans le social.
Je trouve qu'il y a comme cela, chez Maurras, beaucoup de notations justes, mais qui ne sont pas approfondies. Sur la plupart des sujets, il reste à la surface des choses. Même sa critique du libéralisme est assez faible. Elle dérive de sa critique de Rousseau, alors que sur de nombreux points Rousseau est l'adversaire résolu du libéralisme (et un adversaire beaucoup plus conséquent que ne l'est Maurras). Mais Maurras a-t-il jamais lu de Rousseau, auteur extraordinairement complexe, autre chose que ce qu'en a écrit Jules Lemaître ? Certes, il voit bien que le libéralisme vise à « dégager l'individu [...] de ses antécédents naturels ou historiques » pour accoucher d'une société d'egos. Il voit bien aussi le lien entre l'individualisme et le despotisme d'Etat, la massification et l'atomisme social. Mais sa critique n'ajoute pas grand chose à ce qu'un Louis Veuillot ou un Donoso Cortès, pour ne citer qu'eux, ont pu dire avant lui. Il n'aperçoit ni les fondements anthropologiques ni les fondements économiques du libéralisme. Il ne discute pas les vues d'Adam Smith, de Mandeville ou de Ricardo. Il ne voit pas que le libéralisme est une doctrine fondamentalement antidémocratique, qui ne peut que récuser la décision populaire chaque fois que celle-ci viole les présupposés individualistes qui sont les siens. Il ne s'interroge pas sur la notion de marché et le paradigme de la « main invisible ». Il moque l'affirmation selon laquelle les enfants naissent « libres et égaux en droit » sans voir que la conception du droit dont se réclament les Lumières vise moins à nier qu'à corriger les inégalités de nature (l'idée étant, précisément, qu'une inégalité de nature ne saurait fonder le droit naturel). Il ne voit pas que l'absolutisme moderne prend sa source chez Jean Bodin. Sa critique de la démocratie, que je ne partage pas, est elle-même incroyablement naïve : il y a d'autres façons de réfléchir sur la souveraineté populaire qu'en la dénonçant comme simple « gouvernement du nombre ».
Sa conception même du politique est pour le moins équivoque. On connaît les contresens dont n'a cessé de faire l'objet le fameux « politique d'abord ! ». Loin de soutenir le primat du politique, dont il ne défend que la priorité, Maurras affirme explicitement que l'économie est « plus importante que la politique », qu'elle est le but véritable de la vie sociale, et que c'est pour cela qu'elle doit venir après, « comme la fin vient après le moyen, comme le terme est placé au bout du chemin » ! Dans de telles conditions, toute réflexion sur l'essence du politique devient impossible.
On est frappé, enfin, de l'extraordinaire quantité de phénomènes dont Maurras a été le témoin, mais sur lesquels il est resté muet (ou aveugle). Alors qu'il a passé un temps extraordinaire à commenter au jour le jour la politique politicienne, Maurras a été incapable d'analyser le mouvement de la modernité, d'étudier la montée de la bourgeoisie, d'énoncer la moindre considération théorique sur la philosophie du droit, le paradigme de l'échange, l'essor de la technique, les conditions du changement social. Il n'y a pas non plus dans son œuvre d'analyse du fordisme, du taylorisme, de l'américanisme. Il a vu naître le léninisme et l'hitlérisme, mais il n'a jamais pu produire une théorie convaincante du phénomène totalitaire (peut-être parce que, le problème de la restauration de l'État et de l'autorité dans l'État restant pour lui l'essentiel, il avait du mal à percevoir les pathologies d'un idéal d'« ordre » qu'il se contentait d'opposer à l'« anarchie »). De façon plus générale, on chercherait en vain chez lui une véritable sociologie, une psychologie, une anthropologie. En matière scientifique, ses connaissances sont à peu près nulles, en économie également. Certes, aucun auteur ne peut s'intéresser à tout. Mais on ne peut qu'être surpris, quand même, de ne voir dans son œuvre pas la moindre discussion des théories d'un certain nombre de ses contemporains, qu'il s'agisse (pour ne prendre que les premiers qui me viennent en tête) de Max Weber, Marcel Mauss, Oswald Spengler, Werner Sombart, Carl Schmitt, Eugenio d'Ors, Giuseppe Bottai, Giovanni Gentile, Rosa Luxemburg, Anthony Ludovici, Vilfredo Pareto, Roberto Michels et tant d'autres. Rarement un théoricien politique aura été aussi peu analyste des doctrines et des tendances profondes de son temps. Parmi les grands auteurs, Maurras ne s'intéresse guère qu'aux écrivains et aux poètes. Dans le domaine politico-idéologique, son univers conceptuel reste essentiellement celui de la fin du XIXe siècle.
Sans tomber dans une psychanalyse facile, il est probable que sa surdité explique beaucoup. Vivant dans l'empyrée des idées pures, Maurras est resté indifférent à beaucoup de choses qui se déroulaient sous ses yeux. Son orgueil irritable, qui le poussait à refuser d'admettre qu'il ait jamais pu se tromper et à invectiver avec une violence incroyable ceux qui osaient le contredire, a sans doute joué également. Enfin, il est assez vite devenu prisonnier de son propre public. Loué inconditionnellement par ses disciples, il n'a jamais voulu aller contre ces louanges. Il n'a jamais voulu, au risque de l'incompréhension, inciter ceux qui l'admiraient à se remettre eux-mêmes en cause, à pousser toujours plus loin leur questionnement. Il est toujours difficile d'être à la fois chef d'école et théoricien. Ses partisans ont enfermé son œuvre dans un musée, avec une vulgate en guise de programme. Il valait certainement mieux que cela.
On peut enfin se demander s'il fut vraiment — je veux dire, fondamentalement — un théoricien. Je n'en ai pas l'impression. Son style ne ressemble pas à celui des grands théoriciens. Même lorsqu'il écrit sur la politique, Maurras réagit en écrivain, en poète et en artiste. L'importance qu'il donne à la notion d'« harmonie » est révélatrice de cet entre-deux du politique et de l'esthétique. C'est peut-être ce qui explique qu'il n'y ait pas chez lui de véritable profondeur conceptuelle, mais aussi quʼil ait exercé une séduction durable sur des hommes que des écrits purement théoriques auraient ennuyés. Là encore, Beau de Loménie n'a pas tort d'écrire que « son prestige fut dû, dans une grande mesure, auprès de ses disciples, moins à ses thèses elles-mêmes qu'à l'éclat verbal avec lequel il les exprimait, et aux perspectives poétiques et exaltantes dont il les entourait ».
Permettez-moi d'ajouter, pour finir, qu'il y a dans sa critique du sentimentalisme une évidente (mais rarement notée) lutte contre soi. Ses écrits de jeunesse le proclament, le reste de sa vie en témoigne indirectement : Maurras le raisonneur fut d'abord un sensible. En critiquant le « romantisme », on ne m'enlèvera pas de l'idée que c'est une part de lui-même qu'il voulait exorciser.

La situation faite actuellement à Maurras dans l'édition et la presse vous semble-t-elle une injustice, une poursuite de la guerre civile datant des années 40 ou le témoignage que son œuvre est devenue illisible pour le plus grand nombre de nos contemporains ? Parmi les différents combats qu'a menés Maurras, lequel (ou lesquels) vous semble devoir être encore mené au seuil du XXIe siècle ?
La situation faite aujourd'hui à Maurras est incontestablement une injustice, parmi bien d'autres, en même temps que la poursuite d'une vieille guerre civile (le passé qu'on s'ingénie à empêcher de passer). J'ajouterai qu'elle est aussi un témoignage, là aussi parmi bien d'autres, de l'extraordinaire inculture politique et de l'extrême médiocrité intellectuelle de ceux qui le condamnent sur des on-dit, tout en étant incapables d'apprécier, fût-ce de façon critique (ainsi que je l'ai fait moi-même, d'une manière certainement trop rapide) la place qu'il occupe dans l'histoire des idées.
Cela dit, il me paraît certain que son style mi-politique mi-littéraire, mêlant fréquemment l'invective et l'envolée lyrique dans le style de l'« Invocation à Minerve », a aujourd'hui vieilli — plus vieilli même que bien des écrits qui datent de la fin du XIXe siècle. Il faut dire également que ceux qui se réclament le plus de lui n'ont pas fait beaucoup, à date récente, pour republier son œuvre. Maurras a été un auteur plus que prolifique, mais l'immense majorité de ses ouvrages sont devenus introuvables sur le marché. Cette carence facilite évidemment les déformations dont sa pensée fait l'objet. La fidélité des maurrassiens pour leur vieux maître est respectable. Comme toute fidélité, elle est même admirable. On aimerait qu'elle soit intellectuellement plus active. Si les maurrassiens souhaitent qu'on lise Maurras, que ne prennent-ils à cet effet les initiatives nécessaires ?
Mais bien entendu, il y a aussi le fait que notre époque est devenue étrangère à une large part, sinon à l'essentiel, de la problématique maurrassienne. En tant que théoricien de la monarchie, Maurras tendait à tout ramener au problème des institutions. Ce faisant, il n'a pas vu que des institutions différentes peuvent aller de pair avec un état social identique, et qu'à l'inverse, d'une époque à l'autre, ou d'un pays à l'autre, des institutions identiques peuvent fonctionner de manière toute différente. Il a cru donner de la rigueur au nationalisme en le rabattant sur le monarchisme, sans voir qu'il l'orientait à terme vers une impasse (et sans résoudre aucune des apories du nationalisme). Les institutions ont certes leur importance, et il ne fait pas de doute qu'il en est de meilleures que d'autres (encore qu'il faille préciser : meilleures par rapport à quoi et dans quelles circonstances ?). Mais nous sommes à une époque où elles jouent un rôle de moins en moins important, ce qui explique d'ailleurs qu'elles soient toutes en crise. La modernité s'achève et l'État-nation, qui en fut le produit le plus accompli, n'est plus qu'un cadavre en décomposition, dont le caractère obsolète apparaît plus clairement tous les jours. La monarchie peut bien jouir rétrospectivement d'une faveur sentimentale, sur le plan politique la République n'est plus contestée par personne. (Il est d'ailleurs révélateur que la fraction de l'opinion à laquelle les maurrassiens se trouvent aujourd'hui le plus étroitement associés dans leur combat « souverainiste » soit précisément celle des « nationaux-républicains »). La monarchie de droit divin étant devenue impensable, pour d'évidentes raisons, la monarchie ne peut plus être aujourd'hui qu'une monarchie constitutionnelle, c'est-à-dire une démocratie couronnée. Un éventuel rétablissement de la monarchie en France aurait peut-être une valeur symbolique ou (horresco referens !) sentimentale, mais elle ne résoudrait aucun des problèmes politiques du moment. Que leurs institutions soient républicaines ou monarchiques, les sociétés occidentales se ressemblent aujourd'hui de plus en plus. Elles évoluent ensemble à partir de la base, à partir du social, et non plus à partir du haut. Les mœurs précèdent la loi, et non plus l'inverse. C'est sur cette transformation fondamentale qu'il faudrait s'interroger, plutôt que de repéter dans le vide des principes déconnectés de toutes les formes de possible.
La distinction entre pays réel et pays légal, contrepartie maurrassienne de la dichotomie société civile-sphère publique chère aux auteurs libéraux, a longtemps été valable. Elle est aujourd'hui devenue en partie factice. En l'absence d'une théorie de l'apathie politique, elle n'est qu'un moyen de se rassurer à bon compte. A l'époque des continents et des régions, des communautés et des réseaux, Maurras peut ainsi paraître singulièrement dépassé.
J'ajouterai à cela des remarques plus personnelles, uniquement destinées à mieux faire comprendre ma position. Je ne me situe pas dans la mouvance de ce qu'on a parfois appelé le « mouvement national ». Je n'ai pas non plus de sympathie inconditionnelle pour l'Ancien Régime (sans pour autant, bien sûr, en méconnaître les mérites ou en ignorer les heures les plus glorieuses). La monarchie française a lutté contre le principe féodal, qui était la clé de voûte de la société médiévale. Elle a emprisonné l'aristocratie dans l'atmosphère délétère de la Cour, favorisé la montée de la bourgeoisie et jeté les bases de l'absolutisme, créant ainsi les conditions de sa propre chute. Je suis pour ma part partisan du fédéralisme européen. Rétrospectivement, mes sympathies vont aux théoriciens de l'Empire, aux jacqueries populaires, aux Paysans de 1525, aux monarchomaques, à Althusius, au socialisme français et aux « non-conformistes » des années trente. Je crois à la valeur du modèle impérial. Je crois que l'enjeu d'aujourd'hui est un enjeu continental, c'est-à-dire européen. Je crois qu'une Allemagne forte est la garantie la plus naturelle de l'équilibre européen, la France ayant quant à elle un rôle immense à jouer dans l'espace arabo-méditerranéen. Je crois que l'antigermanisme aboutit toujours à se faire l'allié des ennemis de l'Europe, comme le montre l'alliance conclue par la monarchie française avec les Turcs. C'est dire que, si je n'ai jamais cessé de m'intéresser à Maurras, sa pensée a eu peu d'influence sur moi et nourrit peu ma réflexion. J'ajouterai cependant que ce qui me paraît rester le plus actuel chez lui, c'est sa théorie des corps intermédiaires. J'adhère aussi bien sûr à sa maxime sur le désespoir en politique comme « sottise absolue ». Elle reste plus que jamais d'actualité.
Mais il faudrait aussi périodiser son œuvre. Presque tous les dissidents de l'Action française — et l'on sait combien il y en eut ! — ont opposé le jeune Maurras à celui de la maturité et, de même, l'Action française des débuts à celle de l'entre-deux-guerres. Il y a beaucoup de vrai dans cette opposition. Je suis moi aussi de ceux qui pensent que l'« âge d'or du maurrassisme », pour reprendre le titre du livre de Jacques Paugam, a correspondu à cette période où le jeune Maurras, fédéraliste et antichrétien, rêvait d'« helléniser le monde » et se disait persuadé qu'« un socialisme, libéré de l'élément démocratique et cosmopolite, peut aller au nationalisme comme un gant bien fait à une belle main » ; où Pierre Lasserre, ancien élève de Henri Lichtenberger, pouvait célébrer la pensée d'un Nietzsche « professeur d'énergie » dans une série d'articles publiés dans L'Action française à partir de 1899 ; où Édouard Berth, enfin, pouvait s'aventurer à prédire la « réussite historique » qui résulterait de la « collusion avec le syndicalisme qui, avec Sorel, représente l'esprit dionysien » de « l'Action française qui, avec Maurras, est une incarnation nouvelle de l'esprit apollinien ».
Le jeune Maurras avait compris que, pour recréer le tissu social et restaurer la société, il faut partir du bas, ce qui implique la décentralisation, sinon l'autonomie, voire la démocratie directe. Simultanément, il dénonçait le « Christ hébreu », le « venin du Magnificat » et, dans Anthinéa (ouvrage qu'il avait d'abord pensé intituler « Promenades païennes »), qualifiait les premiers apôtres de « convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie ». Par la suite, comme chacun le sait, Maurras prit ses distances vis-à-vis de ces écrits de jeunesse. En politique, il se rallia à l'idée que les choses se jouent « à partir du haut », c'est-à-dire par une réforme des institutions. Sur le plan religieux, il finit sur le tard par se convertir. Vous ne serez pas surpris que je préfère le jeune félibre au « cher Maître » de l'Académie française et du jubilé littéraire de 1937.
Dans l'histoire des idées, il est juste, je crois, de reconnaître que Maurras n'est pas un auteur de premier rang. Toutes questions de tendance mises à part, il est très au-dessous d'un Hobbes ou d'un Machiavel, d'un Rousseau ou d'un Karl Marx, d'un Sorel, d'un Proudhon, d'un Max Weber, d'un Othmar Spann ou d'un Carl Schmitt. Il ne s'impose dans l'entre-deux guerres que parce que la France, qui a donné le meilleur de sa production à la fin du XIXe siècle, est à cette époque singulièrement pauvre en théoriciens, surtout si on compare sa situation d'alors avec l'étonnante floraison doctrinale qui se manifeste au même moment en Espagne, en Italie ou en Allemagne. (Les plus belles exceptions se trouvant dans la galaxie des « non-conformistes », disons pour faire bref de la Jeune Droite à L'Ordre nouveau, ou de Maritain à Mounier). Ce qui rend en revanche Maurras extraordinairement important, c'est qu'il a été, des décennies durant, à la fois un écrivain, un théoricien, un chef d'école et l'animateur d'un mouvement politique dont l'influence, considérable, s'est révélée remarquablement durable. C'est là un cas extrêmement rare. Les chefs politiques ont rarement été de véritables théoriciens, et les idéologues ont rarement eu la capacité (ou le désir) d'animer des mouvements politiques. Cette caractéristique justifie à elle seule l'intérêt qu'on doit lui porter.
Ce qui serait maintenant souhaitable, c'est la reprise des études maurrassiennes dans l'esprit de ce qu'avait commencé à faire le regretté Victor Nguyen. Ces études n'ont de sens, bien entendu, qu'à la condition de se tenir à l'écart de tout parti-pris hostile comme de toute dévotion. Il serait particulièrement intéressant qu'elles revêtent un aspect comparatif, qu'elles ont eu rarement jusqu'ici. On pourrait par exemple comparer l'antiromantisme de Maurras et l'antiromantisme de Carl Schmitt, ou bien encore dresser un tableau des similitudes (réelles) et des différences (nombreuses) entre la pensée de Maurras et celle d'un Julius Evola ou d'un Othmar Spann. Ce n'est là qu'une suggestion.
Maurras vaut mieux que ce qu'en pensent ses détracteurs, qui ne l'ont généralement pas lu, mieux aussi que ce qu'en pensent ses partisans, qui l'ont lu, mais l'enferment souvent dans des formules toutes faites. Quoique l’on pense de ses idées, on ne peut avoir, enfin, que de l'admiration, et même de l'affection, pour ce vieux lutteur qui a consacré toute sa vie à ses idées, et qui a su les servir avec autant de courage, de passion et de désintéressement. Il fut un Don Quichotte dont Léon Daudet était le Sancho Pança.
Bulletin Charles Maurras, Niherne, avril-septembre 2001

La revue Nouvelle Ecole

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Fondée en 1968 et publiée tous les ans, Nouvelle Ecole est une luxueuse revue, très illustrée, qui propose dans chaque livraison des études en profondeur dans tous les domaines de la connaissance et de l’histoire des idées, de l’archéologie à la biologie, en passant par la sociologie, la littérature, la philosophie ou l’histoire des religions. Chaque numéro comporte un dossier central, auquel s’ajoutent des «Varia» et de nombreuses rubriques et bibliographies. Dirigée par Alain de Benoist, Nouvelle Ecole a pour rédacteur en chef Michel d’Urance.


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Présentation de Nouvelle Ecole 65: "Les Lumières"

Depuis maintenant plus de deux siècles, la Révolution française n’a cessé de mobiliser des passions contraires (approbation inconditionnelle ou rejet sans nuances), mais également peu fécondes : bibliothèque rose ou série noire. (...) En dépit de l’historiographie traditionnelle, la Révolution ne se résume pas à l’effondrement des valeurs d’Ancien Régime ou à la suppression des « corps » traditionnels. Comme l’ont bien montré Tocqueville, Taine et Renan, la centralisation révolutionnaire n’a fait qu’accentuer et systématiser la constante volonté de la monarchie administrée de réduire, dans les « pays d’élection » comme dans les « pays d’état », les autonomies locales pour se donner davantage de ressources et de forces. Après 1789, les prérogatives attribuées auparavant au roi ne sont pas supprimées, mais transférées à la nation. Gobineau est allé jusqu’à dire que la Révolution « a seulement développé tout ce qui se faisait avant elle, elle a été l’un des fruits de l’arbre planté par les rois ». Elle a achevé l’État que les rois avaient commencé à bâtir. (...)

La cause principale de la Révolution fut l’Ancien Régime, en l’occurrence une monarchie absolue devenue insupportable depuis au moins 1750, puis tombée entre les mains d’un souverain dépourvu de sens politique. Les Lumières et les sociétés de pensée n’eurent qu’à labourer un terreau déjà préparé. (...)

La Révolution ne se réduit pas non plus à un seul courant de pensée. On y constate au contraire au moins trois grandes influences, et qui ne s’accordent pas spontanément entre elles : celle des Lumières (le progrès, l’économie), celle de Rousseau (le peuple, la volonté générale) et celle de l’Antiquité (le héros, la « vertu »). La pensée des Lumières, associée à l’idéologie du progrès et à son rejet des « superstitions », est l’héritière du rationalisme de Descartes. Elle a conduit à l’instauration d’un régime parlementaire représentatif plus que d’une démocratie, tandis que la pensée de Rousseau a inspiré le nationalisme jacobin. La raison des Lumières, comme outil permettant à la pensée de se dégager de l’emprise de la nature sensible sans pour autant céder à la force du mythe, était en fait une forme de réflexion propre à la modernité capitaliste. Les promesses qu’elle inspirait n’ont pas été tenues : on n’a pas forcément raison quand on parle au nom de la raison. (...)

Au-delà de l’opposition artificielle entre le « moment 1789 » et le « moment 1793 », la Révolution française fut, tout comme la révolution américaine, à la fois une révolution idéologique et un extraordinaire condensé d’événements qui n’ont cessé de produire leurs effets par la suite. Sa nouveauté est à rechercher dans la restructuration volontaire de l’espace et du temps, dans la fête révolutionnaire par exemple, avec son transfert de sacralité (l’unanimisme de la Fête de la Fédération de 1790), dans le regain d’importance donnée à la notion de citoyenneté, dans la relative promotion du peuple. La patrie n’étant plus tant la terre des pères que la communauté politique des citoyens, c’est de la Révolution que nous avons hérité la notion politique de nation. Ce n’est pas à rejeter. 

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Nouvelle Ecole N°65 : Les Lumières




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Au sommaire du numéro
• Attraction, sympathie et « doux commerce » dans la pensée des Lumières (Éric Maulin)
• Les Lumières contre la guerre civile (Marc Muller)
• L’historiographie des guerres de Vendée (Jean-Joël Brégeon)
• L’héritage intellectuel de la Contre-Révolution (Pierre de Meuse)
• Rousseau contre les Lumières (Alain de Benoist)
• La doctrine kantienne de la peine de mort (Francis Moury)
• Max Stirner, critique de la religion et des Lumières (Tanguy L’Aminot)
Et aussi
• Versailles, la grande synthèse de la culture occidentale (Yves Branca)
• Homère dans la Baltique (Felice Vinci)
• Les royaumes thraces – au-delà des légendes (Valeria Fol)
• Deux livres d’Alexander Jacob (Jean Haudry)




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Presentation de Nouvelle Ecole 63-64 "Les Germains"

Les Germains : un numéro exceptionnel de Nouvelle Ecole

Que devons-nous aux Germains? D'où viennent les berserks, les fameux guerriers-fauves? Quelle est l'origine de l'écriture runique? Un numéro exceptionnel de Nouvelle Ecole pour en savoir plus sur les Germains… avant le match France-Allemagne! Présentation d'Alain de Benoist.


L’habitude s’est prise dans certains milieux de rapporter exclusivement les origines européennes à la philosophie grecque, au droit romain et à la religion chrétienne, ce qui revient à faire bon marché des composantes celtiques, germaniques et balto-slaves de l’Europe. Le passé européen ne se réduit pourtant pas à la trilogie Rome-Athènes-Jérusalem, sinon dans l’optique bien dépassée du principe Ex Oriente lux. C’est ce que montre amplement ce numéro de Nouvelle Ecole qui, après des livraisons déjà consacrées aux Celtes, aux Grecs et aux Romains, vient compléter le panorama de la vieille Europe.

Dès avant la conquête romaine, des migrations s’étaient déjà déroulées vers l’Ouest à partir de l’Europe centrale: il s’agit des vastes mouvements de populations celtiques qui, du VIe au IIIe siècles av. notre ère, se déployèrent sur une aire immense, allant de l’extrémité de l’Espagne jusqu’à la mer Noire. Le tourbillon des «grandes invasions» germaniques est d’une date ultérieure.

Longtemps contenus au-delà du limes, les peuples germaniques se mettent en marche au IVe siècle, notamment avec les Gots (les Gothones de Tacite), qui se diviseront ensuite en Wisigoths et Ostrogoths. Leur succèderont les Cimbres et les Teutons, les Vandales, les Suèves, les Burgondes, les Marcomans, les Francs, les Thuringiens, les Bavarois, les Lombards, les Avars, les Angles, les Saxons, les Jutes, les Frisons et bien d’autres. Le principal résultat de ces invasions fut la dislocation de l’ancienne Romania : à partir du milieu du VIIIe siècle, la fusion est complète entre l’élément germanique et l’élément romain ou gallo-romain, toutes les civilisations de l’Occident médiéval devenant des synthèses culturelles héritières, dans des proportions variables, à la fois de Rome et de la culture germanique. La Gaule mérovingienne, l’Espagne et l’Aquitaine wisigothiques, l’Etat lombard furent parmi les plus remarquables illustrations de cette époque qui, à la charnière de l’Antiquité et du Moyen Age, voit le centre de gravité de l’Occident se transférer durablement au nord de la Loire et des Alpes.

Les Francs, dont le nom est attesté dès le IIIe siècle mais dont les origines exactes restent en partie obscures, furent les principaux bénéficiaires de cette «migration de peuples» (Völkerwanderung). Longtemps divisés en Francs Saliens et en Francs Ripuaires, division aujourd’hui abandonnée, ils regroupaient eux-mêmes de nombreux peuples (Chamaves, Bructères, Amsivariens, Chattes, Sicambres, etc.). La France ne leur doit pas seulement son nom (à partir du milieu du VIe siècle, le mot Francia désigne la partie nord de la Gaule). Depuis les Mérovingiens, et singulièrement depuis Clovis (mort en 511), qui ne créa pas une nation mais une force historique, elle leur doit aussi plusieurs de ses dynasties, une partie de son vocabulaire (un demi-millier de mots au moins, dont les emprunts se placent en majorité entre le VIe et le IXe siècles), nombre de règles du droit féodal et certaines de ses institutions, à commencer par la «loi salique», sinon la royauté elle-même, qui est à l’origine élective (le prince est «élevé sur le pavois»), et non pas héréditaire.

L’influence germanique n’est pas moins remarquable dans les traditions populaires (qui ont fréquemment prolongé d’anciennes croyances et pratiques païennes), la toponymie (environ la moitié des noms de communes de la France du Nord sont d’origine germanique) et surtout l’anthroponymie (le système onomastique des Germains explique depuis le VIIe siècle la majorité de nos patronymes, noms de famille et prénoms). Hugues Capet, élu en 987, est le premier souverain du regnum Francorum dont nous savons avec certitude qu’il ne comprenait pas le francique, langue maternelle des premiers Carolingiens.

On ne reviendra pas ici sur la «querelle des deux races» qui, pendant des siècles, de Boulainvilliers à Augustin Thierry en passant par l’abbé Dubos, a rétrospectivement divisé la population française entre une aristocratie d’origine franque et un peuple d’origine gauloise, que la première aurait soumise. On notera seulement que les spécialistes continuent de discuter sur l’ampleur démographique des «grandes invasions» et sur la densité de leurs établissements, tout comme ils discutent encore de la possible influence des anciennes épopées germaniques sur les Chansons de geste des XIIe et XIIIe siècles (thèse soutenue par Gaston Paris, Arsène Darmesteter et Godefroid Kurth, mais rejetée par Joseph Bédier).


Quant au droit germanique, qui était un droit populaire ayant le caractère d’une coutume, il continua longtemps d’exercer son influence concurremment à celle des monuments du droit romain, conçus de façon plus théorique. «Son principe, c’est l’équité, a écrit Gonzague de Reynold. Communautaire, social, il accorde peu de place aux droits individuels. En revanche, la fidélité et l’honneur y prennent une très grande importance […] L’honneur a sa racine dans la considération dont jouit la personne au sein de la communauté ; la fidélité a la sienne dans la communauté elle-même. Honneur et fidélité déterminent donc la moralité du droit germanique. Ce sont des vertus inséparables : qui est sans fidélité est sans honneur, qui est sans honneur est sans droits» (Les Germains. La formation de l’Europe V, Plon, Paris 1953, p. 389).


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Nouvelle École n°62 : Théologie politique

Nouvelle École n°62 : Théologie politique
A douze ans d’intervalle, deux événements à la portée symbolique opposée : la chute du Mur de Berlin en 1989 et l’effondrement des Twin Towers le 11 septembre 2001. Le premier a été considéré dans les milieux libéraux comme marquant la fin des totalitarismes et la naissance d’une ère de prospérité et de paix universelle débouchant sur la «...




Nouvelle École n°61 : Les Romains

Nouvelle École n°61 : Les Romains
Rome a trop longtemps été emprisonnée dans des stéréotypes : d’un côté les mœurs austères de la République, l’idéal pragmatique du paysan-soldat, Cincinnatus et le serment de Regulus, de l’autre le Satyricon et le carpe diem, les jeux du cirque et les orgies. S’il y a un « miracle » grec, il y a un mythe romain. Carl Schmitt soutenait, non...




Nouvelle École n°59-60 : Oswald Spengler

Nouvelle École n°59-60 : Oswald Spengler
Le principal reproche adressé à Spengler porte évi­demment sur son « fatalisme » et son déterminisme. La question est de savoir jusqu’à quel point l’homme est prisonnier de sa propre histoire. Au point de ne pouvoir jamais en modifier le cours ? C’est là que le débat commence. Arnold Toynbee, que l’on a souvent comparé à Spengler, niait que...




Nouvelle École n°58 : Les Grecs

Nouvelle École n°58 : Les Grecs
La pensée grecque a été une pensée aurorale, matinale, initiale, et par là destinale. Elle a été un commencement de la pensée, elle nourrit une pensée du commencement. Ce commencement est en réserve. Il se tient dans le retrait de l’Être. « La tâche qui revient à notre pensée aujourd’hui, écrit Heidegger, c’est de penser ce qui...




Nouvelle École n°57 : Georges Sorel

Nouvelle École n°57 : Georges Sorel
Sorel n’a jamais travaillé à une théorie pratique de la révolution, mais à une réflexion en profondeur sur les présupposés de l’action, c’est-à-dire sur les conditions morales et sociales d’une régénération. Il fut l’homme de l’intransigeance, et cette intransigeance explique sa solitude. Sorel ne fut...





Nouvelle École n°56 : Knut Hamsun

Nouvelle École n°56 : Knut Hamsun
Il y a un mystère Knut Hamsun. Alors même que la quasi-totalité de son œuvre a été traduite en français, alors même qu’on a tiré de ses ouvrages de très nombreux films ou téléfilms, alors même que, contrairement à tant d’autres, ses livres ne sont « ni vieillis ni démodés » (Hubert Nyssen), il reste encore méconnu du public...




Nouvelle École n°55 : Géopolitique

Nouvelle École n°55 : Géopolitique
Dans le passé, la géopolitique exerçait ses contraintes principalement au niveau des États qui, de nos jours, au moins dans l’hémisphère occidental, semblent être entrés dans une crise irréversible. Aujourd’hui, elle révèle des logiques continentales, que les agissements désordonnés des États ont longtemps masquées, mais qui sont plus...




Nouvelle École n°53-54 : Le fascisme

Nouvelle École n°53-54 : Le fascisme
Le XXe siècle a sans nul doute été le siècle des fascismes et des communismes. Le fascisme est né de la guerre et mort de la guerre. Le communisme, né d’une explosion politique et sociale, est mort d’une implosion politique et sociale. Il ne peut y avoir de fascisme qu’à un stade donné du processus de modernisation et d’industrialisation, stade...




Nouvelle École n°52 : Christianisme

Nouvelle École n°52 : Christianisme
Au sommaire : « Le christianisme et les religions du Livre », par Pierre Le Vigan « Jésus sous l’œil critique des historiens », par Alain de Benoist « Jésus et ses frères », par Alain de Benoist « La persécution contre les païens, de la conversion de Constantin (312) à la mort de Justinien (565) », par Alexandre Gryf Et aussi… « Bibliographie...




Nouvelle École n°51 : Friedrich Nietzsche

Nouvelle École n°51 : Friedrich Nietzsche
« Nietzsche, disait Giorgio Colli, est l’individu qui, à lui seul, a élevé le niveau global de nos pensées sur la vie, et il y est parvenu par un puissant détachement à l’égard des hommes et des choses qui l’entouraient, si bien que nous sommes contraints de partir du niveau qu’il a imposé [...]. Pour ceux qui se sont libérés de leurs chaînes...






Nouvelle École n°50 : Les années trente

Nouvelle École n°50 : Les années trente
Durant les années de feu, quelques penseurs se sont pourtant révélés inclassables. En marge des grands courants qui dominaient leur époque, en marge aussi des événements qui en orientaient la course, ils se sont efforcés, à des titres divers, de penser au-dessus du temps. Ce sont quelques uns d’entre eux, qui se voulaient en rupture par rapport aux...




Nouvelle École n°49 : Les indo-européens

Nouvelle École n°49 : Les indo-européens
La modernité s’est voulue consommatrice et, finalement, liquidatrice du passé. Elle tend toujours plus à ignorer ce qui en lui constitue une dimension fondatrice du présent. Sur le passé le plus lointain, elle se révèle même franchement amnésique. L’héritage indo-européen fait pourtant partie de la mémoire la plus longue, et c’est pourquoi sa...




Nouvelle École n°48 : Ernst Jünger

Nouvelle École n°48 : Ernst Jünger
Le XXe siècle est le siècle où le Prix Nobel n’a pas été attribué à Ernst Jünger. C’est une façon comme une autre de le définir. Le XXe siècle n’a pas distingué l’écrivain qui s’y est distingué lui-même en le traversant de part en part, spirituellement et physiquement. Le Prix Nobel n’a pas été attribué à l’homme qui a...




Nouvelle École n°47 : Tradition

Nouvelle École n°47 : Tradition
Au sommaire : « L’idéologie tripartite dans l’œuvre de René Guénon », par Pierre Maugué « Ananda K. Coomaraswamy, de l’idéalisme à la tradition », par Giovanni Monastra « Julius Evola, des théories de la race à la recherche d’une anthropologie aristocratique », par Giovanni Monastra « Mon itinéraire de Dante à Guénon », par Vintila...




Nouvelle École n°46 : Les écrivains

Nouvelle École n°46 : Les écrivains
Au sommaire : « “Les Deux Étendards” de Lucien Rebatet ou l’impossible exigence du sacré », par Christophe Chesnot « Villiers de L’Isle-Adam ou la lumière des siècles », par Luc-Olivier d’Algange « Stendhal diplomate », par Dominique Pradelle « Céline vu de gauche, vu de droite », par Philippe Alméras « Gabriel Matzneff ou l’enfer de...





Nouvelle École n°45 : Économie, les voies non orthodoxes

Nouvelle École n°45 : Économie, les voies non orthodoxes
Au sommaire : « Friedrich List et son “Système d’économie politique” », par Michel Sallon « Notice bio-bibliographique sur Friedrich List », par Alain de Benoist « Analyse économique du protectionnisme. Vieilles aires et nouveaux sillons », par Bernard Notin « La théorie moderne du circuit ou la formation d’un paradigme économique non...




Nouvelle École n°44 : Carl Schmitt, 1888-1985

Nouvelle École n°44 : Carl Schmitt, 1888-1985
Au sommaire : « Les lignes de force de la pensée politique de Carl Schmitt », par Julien Freund « Carl Schmitt : “Fossoyeur de la République”, “Kronjurist” ou “dernier classique” ? », par Günther Maschke « Schmittistes de droite, schmittistes de gauche et… schmittistes établis », par Armin Mohler Et aussi… « Joseph Roth ou la nostalgie...




Nouvelle École n°43 : La physique comme conception du monde

Nouvelle École n°43 : La physique comme conception du monde
Au sommaire : « Philosophie de la physique », par Yves La Plaine « 1870-1930 : histoire “biographique” d’une révolution scientifique », par Anne Jobert « 1930-1985 : la physique comme représentation du monde », par Patrick Trousson « Lectures du réel », par Anne Jobert « Le déterminisme et la physique contemporaine », par Claire...




Nouvelle École n°42 : Archéologie

Nouvelle École n°42 : Archéologie
Au sommaire : « Les Vikings en Amérique », par Frédéric Durand « Bibliographie » « Culture mégalithique et archéoastronomie », par Yvan Verheyden « Bibliographie » Et aussi… « Le “style” fasciste », par Armin Mohler « L’école de Palo-Alto et les théories de la communication », par Georges Charbonneau « Spengler, Marx, Heidegger :...




Nouvelle École n°41 : Littérature et idéologie 2

Nouvelle École n°41 : Littérature et idéologie 2
Le siècle, aveugle, tâtonne au bord de l’abîme. Intellectuels et écrivains se sont jetés à corps perdus dans toutes les idéologies : l’époque moderne n’a rien inventé, mais elle a été un prodigieux laboratoire d’expérimentation. Le plus souvent, pourtant, l’expérience a débouché sur la désillusion, et parfois sur l’horreur. Les...






Nouvelle École n°40 : Littérature et idéologie

Nouvelle École n°40 : Littérature et idéologie
Au sommaire : « Ernst Jünger : La Figure du Travailleur entre les dieux et les titans », par Alain de Benoist « À propos du “Travailleur” », par Ernst Niekisch « René Char ou la parole retrouvée », par Jacques Delort « L’univers infini de John Cowper Powys », par Luc-Olivier d’Algange « Les désarrois du lieutenant Musil », par Alain...




Nouvelle École n°39 : La culture de masse

Nouvelle École n°39 : La culture de masse
Au sommaire : « Vers la médiatisation totale », par Guillaume Faye et Patrick Rizzi « La culture de masse en question », par Christopher Lasch « “Documents” », par Jürgen Habermas, Serge Moscovici et Régis Debray  « Le “muralismo mexicano”, un art populaire de notre temps », par Armin Mohler « Heidegger et la question du dépassement du...




Nouvelle École n°38 : Darwinisme et société

Nouvelle École n°38 : Darwinisme et société
Au sommaire : « Darwinisme social : la guerre de cent ans », par Yves Christen « Sélection naturelle et civilisation », par Charles Darwin « Les hommes qu’il nous faut », par Léonard Darwin « La génétique humaine et les limites de l’eugénique », par J.B.S. Haldane « Le mythe du “déterminisme génétique” », par Richard Dawkins « Sciences...




Nouvelle École n°37 : Lectures de Heidegger

Nouvelle École n°37 : Lectures de Heidegger
Considéré par beaucoup comme le plus grand philosophe de notre temps, Martin Heidegger, disparu voici quelques années, méritait sans nul doute que Nouvelle École lui consacrât un numéro. Entreprise justifiée, sans doute, mais audacieuse : comment écrire sur un homme et une œuvre auxquels tant de commentaires et d’ouvrages ont déjà été consacrés...




Nouvelle École n°36 : Vilfredo Pareto

Nouvelle École n°36 : Vilfredo Pareto
La sociologie est à la mode, mais Pareto ne l’est pas. La sociologie est à la mode parce qu’elle permet appliquée à tout propos, de passer sous silence les dimensions historiques des faits sociaux. La sociologie de Pareto au contraire demeure une des seules à conserver une démarche historico-comparative, ce qui heurte de front la conception dominante...




Nouvelle École n°35 : Figures

Nouvelle École n°35 : Figures
Au sommaire : « Apollon », par Friedrich Georg Jünger « Une interprétation de Georges Sorel », par Julien Freund « La dernière journée de Montherlant », par Christian Georges « Werner Heisenberg », par Claire Wagner « Arthur Moeller van den Bruck : une “question à la destinée allemande” », par Alain de Benoist « Giuseppe Prezzolini, un...




Nouvelle École n°34 : 1968-1980

Nouvelle École n°34 : 1968-1980
La revue Nouvelle École est née il y a une dizaine d’années de la préoccupation commune d’un certain nombre de jeunes universitaires, de jeunes écrivains et de jeunes chercheurs, désireux de jeter sur le monde des idées contemporaines un regard à la fois critique et positif, entièrement distinct des idéologies à la mode. Il s’agissait de partir...




Nouvelle École n°33 : L’idée nominaliste

Nouvelle École n°33 : L’idée nominaliste
« Nominalisme » : un mot qui surgit, de façon inattendue, dans le débat des idées. Mais précisément, on s’affronte aujourd’hui sur des sujets inattendus. Bernard-Henri Lévy, dans Le testament de Dieu (Grasset, 1979), pose la question : monothéisme ou polythéisme ? C’est une façon, parmi d’autres, d’aborder une alternative plus générale :...




Nouvelle École n°31-32 : Richard Wagner 2

Nouvelle École n°31-32 : Richard Wagner 2
La pensée wagnérienne met l’accent sur la conscience historique, trait fondamental du spécifique humain. Dans le même temps, le mythe se situe délibérément dans l’« ultra-histoire ». Enraciné dans le génie populaire, mis en forme par la création culturelle, il nous parle de toute éternité. Montant la garde aux frontières de l’inconscient et...




Nouvelle École n°30 : Richard Wagner

Nouvelle École n°30 : Richard Wagner
« Du tréfonds dionysiaque de l’âme allemande, une force est remontée à la surface qui n’a rien de commun avec les fondements de la culture socratique et que ces fondements-là ne sauraient ni expliquer ni justifier ; bien plus : une force ressentie par cette culture comme quelque chose d’inexplicable, de terrifiant, d’hostile par excellence. Je...





Nouvelle École n°29 : Mélanges

Nouvelle École n°29 : Mélanges
Au sommaire : « Pathologie de la civilisation et liberté de la culture », par Konrad Lorenz « Les ravages de la morale », par Jean Dutourd « Vilfredo Pareto et le pouvoir », par Julien Freund « Pareto sociologue : un survol », par Georges H. Bousquet « Caspar David Friedrich, peintre de l’intériorité romantique », par François Dirksen «...




Nouvelle École n°27-28 : L’Amérique

Nouvelle École n°27-28 : L’Amérique
« Une seule nation qui parvient à faire baisser l’intelligence, la moralité, la qualité de l’homme sur presque toute la surface de la terre, cela ne s’est jamais vu depuis que le globe existe. J’accuse les États-Unis d’être en état constant de crime contre l’humanité ». Montherlant, Le chaos et la nuit Au sommaire : « Il était une fois...




Nouvelle École n°25-26 : L’éthologie

Nouvelle École n°25-26 : L’éthologie
« Ma réflexion me conduit à croire que les lois biologiques qui régissent les cellules vivantes, leur organisation en tissus et en êtres vivants, sont transposables aux groupes d’êtres vivants. C’est ce que j’appelle la biopolitique. La politique, n’est-ce pas l’art de l’organisation des groupes en société ? Cette théorie biopolitique...




Nouvelle École n°24 : Mélanges

Nouvelle École n°24 : Mélanges
Au sommaire : « La religion grecque et le mysticisme », par Philippe Conrad « Les “étrangetés” de l’univers », par Louis Rougier « La logique de l’événement et l’antagonisme universel », par Stéphane Lupasco « Les Indiens blancs du Paraguay », par Jacques de Mahieu « L’affaire des manuscrits “Oera Linda” », par Frans J....




Nouvelle École n°23 : Psychiatrie d’aujourd’hui

Nouvelle École n°23 : Psychiatrie d’aujourd’hui
Au sommaire : « Itinéraire » « L’“arbre” de la psychiatrie », par Pierre Debray-Ritzen « L’origine génétique des maladies mentales », par Quentin Debray « Les tests en psychiatrie », par Claude Bursztejn « La psychopharmacologie », par Edouard Zarifian « La toxicomanie », par Henri Loo « Le déclin et la chute de l’Empire freudien »,...





Nouvelle École n°21-22 : Georges Dumézil et les études indo-européennes

Nouvelle École n°21-22 : Georges Dumézil et les études indo-européennes
À la limite, le terme « indo-européen » s’applique même à tout ce que nous aimons dans le spectacle exaltant d’une aventure déjà vécue par d’autres générations, par opposition à tout ce que nous n’aimons pas et à tout ce qui nous laisse indifférents. Mais l’étude et le « culte » de ce passé que nous avons choisi et qui nous a choisis...




Nouvelle École n°20 : Henry de Montherlant

Nouvelle École n°20 : Henry de Montherlant
Montherlant s’est intéressé à « tout ce qui porte la jeunesse en avant ». Il a célébré le sport et l’épreuve, les nuques roides et les âmes fortes. Il a décelé chez les rêveurs des êtres de petite santé : « Il y a dans Rousseau quelque chose de malsain, quelque chose qui sent la dent gâtée et le lait aigri ». Il s’est prononcé pour un...




Nouvelle École n°19 : Les théories économiques

Nouvelle École n°19 : Les théories économiques
Au sommaire : « Itinéraire » « Histoire des doctrines économiques », par Michel Norey « Le vocabulaire de la question » Et aussi… « Bibliographie » « Entretien avec J.D.J. Hofmeyr et Wesley C. George » « Le mythe cosmogonique indo-européen : reconstruction et réalité », par Giorgio Locchi « Courrier...




Nouvelle École n°18 : L’évolution

Nouvelle École n°18 : L’évolution
Héraclite d’Ephèse disait : « On ne peut connaître la nature des choses que lorsqu’on connaît leur origine et leur évolution ». L’anthropogenèse date du siècle dernier, la biogenèse de la période contemporaine : nous commençons à connaître la nature des systèmes vivants. La science de l’évolution, comme la linguistique, est une science...




Nouvelle École n°17 : Les Celtes

Nouvelle École n°17 : Les Celtes
Le sujet auquel on revient toujours : le déclin de la Celtie. Contraste saisissant entre l’ampleur et la brièveté. Vers l’an 500 avant notre ère, l’Empire celtique s’étendait sur l’Europe entière, ou peu s’en faut. Mais les conquêtes n’ont pas duré. Au fil des siècles, de défaite en défaite, les Celtes ont abandonné leurs positions, et...




Nouvelle École n°16 : Mélanges

Nouvelle École n°16 : Mélanges
Au sommaire : « La chasse sauvage, mythe exemplaire », par Jean-Jacques Mourreau « Élites et tertiairisation », par Hervé Lavenir « Cytogénétique et anthropologie », par Yves Christen « La Sémantique générale et les méthodes d’évaluation non-aristotéliciennes », par Jean-Yves Le Gallou Et aussi… « Bibliographie » « Le...




Nouvelle École n°15 : Langues et littératures celtiques

Nouvelle École n°15 : Langues et littératures celtiques
Ce numéro, consacré aux langues et littératures celtiques, et celui qui lui fera suite dans quelques mois, sur La civilisation celtique, sont les premiers d’une série que Nouvelle École, au fil des années, publiera sur les peuples européens d’hier et d’aujourd’hui. Cette série commence par l’étude des populations celtes, dont nous descendons...



Nouvelle École n°14 : L’eugénisme

Nouvelle École n°14 : L’eugénisme
La question s’exprime en chiffres. Le 12 septembre 1967, le professeur Sivadon, président de la Ligue d’Hygiène mentale, déclarait au Congrès de Montpellier, devant des spécialistes venus de 55 pays : « Toutes les vingt secondes, un arriéré mental naît dans le monde. Les arriérés mentaux représentent une population équivalente à celle des...



Nouvelle École n°13 : L’empirisme logique

Nouvelle École n°13 : L’empirisme logique
Au sommaire : « Itinéraire » « L’empirisme logique et le “Wiener Kreis” », par Alain de Benoist « Empirisme logique et marxisme », par Alain de Benoist « L’empirisme logique en France », par Alain de Benoist Et aussi… « Bibliographie » « Du sens des énoncés », par Louis Rougier « Bertrand Russell et le Cercle de Vienne »,...




Nouvelle École n°12 : Hommage à Bertrand Russel

Nouvelle École n°12 : Hommage à Bertrand Russel
Au sommaire : « Itinéraire » « Une leçon de sagesse », par Louis Rougier « Russell et les mathématiques », par Robert Blanche « L’hypothèse et la croyance », par Marcel Boll Et aussi… « Stonehenge », par Jean-Jacques Mourreau « Le nouveau calendrier liturgique », par Alain de Benoist « “L’administration au pouvoir” de Charles Debbasch...




Nouvelle École n°11 : La condition féminine

Nouvelle École n°11 : La condition féminine
Nous assistons actuellement, selon l’expression de Mme Suzanne Lilar, à la « libération d’un prodigieux arc-en-ciel des instincts ». On ne saurait s’en plaindre, puisqu’il est bien connu que les civilisations meurent toujours de la mort de leurs instincts. Mais encore faut-il savoir de quels instincts il s’agit, et si cette libération de certains...




Nouvelle École n°10 : Mélanges

Nouvelle École n°10 : Mélanges
Au sommaire : « Itinéraire » « Le problème de l’avortement », par Jean-Claude Valla « Fouilles archéologiques en France et en Europe du Nord », par Yves Esquieu « Intégration scolaire et psychologie raciale », par Alain de Benoist « Les greffes d’organes », par Roger Vétillard Et aussi… « Bibliographie » « “Sociologie de la...




Nouvelle École n°9 : L’écriture

Nouvelle École n°9 : L’écriture
Ce numéro est consacré à l’écriture. On peut y voir un prolongement à notre numéro deux, consacré au langage, puisque la parole et l’écriture forment aujourd’hui un couple inséparable. Mais notre approche n’est pas la même. Nous avions, d’une certaine façon, mis en accusation le langage pour ce qu’en Occident, il a fait naître de...




Nouvelle École n°8 : La sexualité

Nouvelle École n°8 : La sexualité
Au sommaire : « Itinéraire » « Pour la liberté sexuelle », par Yves de Saint-Agnès « Les mutilations sexuelles », par Alain de Benoist « Océanographie : à la découverte d’un nouveau monde », par Pierre Vial « Faits et gestes » « Bibliographie » « Courrier »





Nouvelle École n°7 : La biologie

Nouvelle École n°7 : La biologie
Au sommaire : « Itinéraire » « Race, génétique et comportement », par Wesley C. George « Les navires vikings », par Jean-Jacques Mourreau « La caste des idéocrates » « Biologie moléculaire », par Pierre-Henri Reboux « “Le nouvel État industriel”, de John K. Galbraith », par Philippe Milliau « Signes des temps » « Faits et gestes » «...




Nouvelle École n°6 : Le Moyen-Âge

Nouvelle École n°6 : Le Moyen-Âge
Au sommaire : « Itinéraire » « Le Moyen-Âge : Panorama général », par Robert Blanc et Pierre Vial « La faillite de la Scolastique », par Louis Rougier « Les fêtes du solstice d’hiver », par Jean Mabire et Alain de Benoist « Nouveaux progrès en hématologie », par Pierre-Henri Reboux « L’histoire commence à Lepenski-Vir », par Yves...




Nouvelle École n°5 : Le Tiers-monde

Nouvelle École n°5 : Le Tiers-monde
Au sommaire : « Itinéraire » « Réalités du sous-développement », par Jean-Yves Péquay « Démographie mondiale : l’horizon 2000 », par Alain de Benoist « Les continents à la dérive », par Jacques Vernin « Le festival de Bayreuth 1968 », par Hans-Jürgen Nigra « L’Église et la polygamie » « “Le singe nu”, de Desmond Morris » « Signes...




Nouvelle École n°4 : Les valeurs

Nouvelle École n°4 : Les valeurs
Au sommaire : « Itinéraire » « Réflexions sur la question des valeurs », par Gilles Fournier « Le judaïsme, morale et religion », par Julien Lebel « Du nouveau sur les Étrusques » « Les deux sens du mot “Gift” » « Le probabilisme et la contraception » « A-t-on retrouvé les reliques de l’apôtre Pierre ? » « Des signaux dans l’espace :...




Nouvelle École n°3 : L’anthropologie

Nouvelle École n°3 : L’anthropologie
Au sommaire : « Itinéraire » « Le processus biologique de la formation raciale », par Donald A. Swan « Différenciation raciale et anthropologie physique », par Donald A. Swan « Race, sélection et caractères psychiques », par Donald A. Swan « Race et psychologie », par Donald A. Swan « Aberrations chromosomiques et comportement criminel » «...




Nouvelle École n°2 : La linguistique

Nouvelle École n°2 : La linguistique
Au sommaire : « Itinéraire » « De la langue à la structure. Procès du langage », par Alain de Benoist « Linguistique et sciences humaines », par Giorgio Locchi « La linguistique soviétique et Nicolas Marr », par Jean-Claude Rivière « Une nouvelle éthique pour l’Occident », par Jacques Monod « Pourquoi la négritude », par Léopold Senghor «...





Nouvelle École n°1 : Mélanges

Nouvelle École n°1 : Mélanges
Au sommaire : « Le LSD et les altérations du stock génétique », par Alain de Benoist « Rome et la Judée », par Gilles Fournier « Hérédité psychologique, puzzle génétique et biologie moléculaire » « Louis Rougier et l’existence de Dieu » « Anthropologie : essai d’“arbre généalogique” » « La médecine “placebo” » « Courrier...










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