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Charles Maurras sur l'avenir du roi, de la monarchie et de la France


Charles Maurras blog Nouvelle Ecole

FACULTE DES LETTRES D'AIX-EN-PROVENCE

Le 16 Septembre 1884
Baccalauréat 1ère partie
Epreuve de français
COPIE DE CHARLES MAURRAS,
ÉLÈVE DE PREMIÈRE A L'ÉCOLE SECONDAIRE LIBRE
DU SACRÉ-COEUR
En raison de l'épidémie de choléra qui sévissait dans la région, les épreuves du baccalauréat qui devaient se passer au mois de juillet avaient été repoussées jusqu'à la rentrée suivante.
DISSERTATION FRANCAISE



Turgot retiré au château de la Roche-Guyon chez la duchesse d'Enville écrit à Voltaire pour le remercier de l'appui qu'il lui a prêté pendant son ministère, pour lui expliquer les causes de sa disgrâce et lui exprimer son inquiétude pour l'avenir du roi, de la monarchie et de la France.




Monsieur,


Depuis longtemps vous avez appris ma retraite, et, je n’en doute pas, la chute d’un ami qui vous est si dévoué a dû éveiller en votre cœur un écho sympathique. Retiré dans une belle solitude et un peu distrait de mes noires pensées par les soins d’une attentive amitié, je commence à sortir de mon abattement ; aussi ne veux-je pas dire adieu pour toujours à la politique sans vous remercier de l’appui que m’ont donné votre nom et votre réputation universelle. Lorsqu’on est pressé de tous côtés d’intrigues et de difficultés, il est bien doux d’entendre une voix amie vous approuver, vous exciter, s’il en est besoin, à la poursuite du bien que l’on s’est proposé d’atteindre ; mais combien plus douce encore est cette voix quand elle part d’un homme élevé comme vous l’êtes dans l’admiration et le respect de tous ! C’était en effet votre œuvre que vous souteniez en moi, ces réformes que j'ai rêvées toute ma vie et que j’ai essayé d’accomplir pendant les deux années de mon ministère, abolition de la corvée, impôt territorial, abolition des jurandes et des maîtrises, tout cela part de vous. Le siècle est votre élève, c’est vous qui l’avez initié aux conquêtes de la raison, et je n’ai fait que continuer en politique votre œuvre en philosophie.

Aujourd’hui l’on m’a arrêté sur la voie pour revenir aux anciennes routines ; pour combien de temps ? je ne sais, et c’est ce qui cause mon inquiétude.

Ma chute est la conséquence d’une agitation que vous avez dû observer aussi bien que moi pendant le cours de mon ministère. Deux opinions extrêmes se partageaient et se partagent encore la nation. Les uns, théoriciens élevés à l’école de Sparte et de Rome, ne voyant de salut que dans les mesures radicales, ne comprenant rien aux difficultés du gouvernement et aux exigences de la politique, n’ont cessé de me compromettre en me reprochant ma lenteur et ma sagesse : ce sont ceux qui veulent démolir l’antique édifice sans s’assurer s’ils ont de quoi bâtir le nouveau ; les autres au contraire, et de ce côté tout l’entourage du roi, la reine, toute la cour, jetaient les hauts cris sitôt que je touchais à l’une de ces pierres usées du monument gothique. J’avais beau démontrer la justice et la droiture de mes idées, ces seigneurs qui avaient déployé tant de verve et d’entrain pour railler les erreurs et les abus du passé, reculaient quand il fallait y porter remède. D’autre part le parlement, qui sous le règne précédent s’était montré d’une si noble indépendance devant les désordres et les dilapidations du feu roi, devenait ennemi des réformes qu’il avait provoquées. Sous prétexte d’arrêter la monarchie et de conserver ses bases primitives, il a tout fait pour la perdre, la perdra et se perdra avec elle.

Dans ce vaste conflit, j’étais donc seul avec le roi à qui je dois rendre témoignage de ses bonnes intentions. Je me souviendrai toujours de son assiduité aux affaires, de ses efforts continuels pour le bien d’un peuple qu’il aime d’un véritable amour. Mais quelle déplorable faiblesse chez ce monarque, quelle ignorance chez ce peuple. Toujours méfiant, criant toujours à la trahison, celui-ci se cabre devant les réformes les plus nécessaires et les plus légitimes, parce qu’il ne voit que les difficultés momentanées qui résultent toujours d’un changement politique ou administratif. Et le roi, en raison de sa bonté, ne sait pas résister aux cris d’une populace qui ignore son véritable avantage. Il confond la voix de l’émeute et celle de la nation. Sitôt qu’il l’entend, il lui cède, et sacrifie le bonheur de vingt-cinq millions d’hommes à quelques centaines d’insurgés.

Je sais bien qu’entre la classe populaire et la classe aristocratique entre lesquelles j’étais isolé, il y avait dans le Tiers-État beaucoup de gens à la fois novateurs et modérés, des écrivains célèbres qui m’honoraient, Monsieur, de leur estime et de leur confiance. Mais ceux-là justement ont-ils l’oreille du roi ? Quand même ils parleraient on ne les entendrait pas, c’est ce qui est arrivé. Pris entre toutes les parties je ne pouvais manquer de tomber ; mon crédit s’est épuise avec la suppression des maîtrises et des jurandes, et le roi, fatigué d’intrigues domestiques, de discussions perpétuelles, de lits de justice, s’est lassé de me maintenir ; il m’a demandé ma démission, et m’a congédié en me laissant ces paroles que je conserve dans mon cœur : Monsieur Turgot, il n’y a que vous et moi qui aimions le peuple. Ce témoignage a suffi pour me consoler ; et au-delà, sans me rassurer néanmoins, car mes inquiétudes sont bien graves et l’horizon bien noir. Que deviendra-t-il ce peuple confié deux ans à mes soins ? Je suis comme le pilote qui s’attache au vaisseau qu’il gouverne ; je me suis attaché à l’État et je souffre de toutes ses douleurs. Nous vivons dans un siècle où une main ferme est nécessaire à la direction du gouvernement, le roi ne l’a pas ; il faut beaucoup de sagesse, et le peuple n’en eut jamais ; il faut beaucoup de prudence, et le pouvoir est ballotté entre des mains insouciantes de son avenir. Maintenant le parti de la réaction triomphe.

Mais comme on a égaré le peuple au nom de ses intérêts, on va l’égorger au nom de ses droits. Il surgit une nouvelle école d’écrivains qui méprise le passé et rêve un idéal plein de chimères et de périls. Que va-t-elle dire quand les progrès accomplis sous mon gouvernement seront effacés, et que mon œuvre sera toute à recommencer ? De plus, la voie où l’on marche n’est pas celle du siècle, elle est un retour à un passé dangereux, à un passé que vous avez détruit et qu’il n’est plus permis, en plein XVIIIe siècle, de vouloir rétablir. Et que dira la cour quand elle verra se poser devant elle les volontés et les besoins évidents d’un peuple à demi éclairé, c’est vrai, mais toujours exagéré dans le sens de la soumission ou de la révolte ? Que dira le roi ? Et aussi que fera la France ? Ah ! Monsieur, je tremble à cette perspective, je ne veux pas la regarder de face ; elle est trop horrible, elle m’ôte tout espoir. Profondément découragé de ma chute, j’estime perdue toute possibilité d’alliance entre la raison et la forme sociale consacrée par le temps.

Je crois qu’à la vue de ce qui se passe vous partagerez mes appréhensions ; vous êtes le seul homme de ce temps qui comprenne que la logique a besoin de bon sens, et que l’une sans l’autre ne peut qu’une chose : mener à sa perte le peuple insensé qui s’y fie.


Charles Maurras
Texte du 16 septembre 1884.



Source : blog Maurras.net


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Alain de Benoist le moment populiste

Le Moment populiste Alain de Benoist

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Alain de Benoist le moment populiste Pierre-Guillaume de Roux

L’extraordinaire défiance de couches de population toujours plus larges envers les « partis de gouvernement » et la classe politique en général, au profit de mouvements d’un type nouveau, qu’on appelle « populistes », est sans nul doute le fait le plus marquant des transformations du paysage politique intervenues depuis au moins deux décennies. Le phénomène tend même à s’accélérer, comme l’a montré l’élection de Donald Trump, survenant quelques mois après le « Brexit » britannique. Partout se confirme l’ampleur du fossé séparant le peuple de la Nouvelle Classe dominante. Partout émergent de nouveaux clivages qui rendent obsolète le vieux clivage droite-gauche.
Mais que faut-il exactement entendre par « populisme » ? S’agit-il d’un simple symptôme d’une crise générale de la représentation ? D’une idéologie ? D’un style ? Ou bien le populisme traduit-il une demande fondamentalement démocratique face à des élites accusées de ne plus faire de politique et de vouloir gouverner sans le peuple ? C’est à ces questions que répond ce livre, qui part de l’actualité la plus immédiate pour situer les enjeux politiques, sociologiques et philosophiques du débat.
ISBN 2-36371-186-1   - Prix de vente: 23,90 euros TTC.
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Alain de Benoist sur Radio Sputnik
"Le moment populiste, Droite-gauche c’est fini !"


Le populisme est le phénomène politique de la décennie. De quoi est-il le fruit et de quoi sera-t-il la cause ? En d’autres termes, que faut-il en attendre ? Et plus encore, est-ce un bien ou un mal ? Le pire est-il à venir, ou nous dirigeons-nous vers un renouveau civilisationnel ? Pour lever nos interrogations, Radio Sputnik a reçu Alain de Benoist, qui publie Le moment populiste, Droite-gauche c’est fini  aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.


Charles Maurras - Philitt


PHILITT nous rappelle que l’échec de Maurras à convertir Barrès au royalisme fut une des plus grandes déceptions de sa vie :

Tous deux dénonçaient les dérives du parlementarisme et du jacobinisme. Tous deux voulaient un pouvoir fort et décentralisé. Cependant, Maurice Barrès était républicain et Charles Maurras royaliste. Le second a voulu convertir le premier. En vain. 




Philitt Charles Maurras Nouvelle Ecole 66 blog

Lien vers l'article sur le site de PHILITT : Maurice Barrès et Charles Maurras : la République ou le Roi




Lorsque Charles Maurras entre à l’Action française en 1898, le groupe nationaliste est encore républicain. Les fondateurs, Henri Vaugeois et Maurice Pujo, n’envisagent pas un instant de faire de ce mouvement intellectuel et politique un outil pour la restauration de la monarchie. Mais c’est sans compter sur le jeune Maurras qui, par sa force de persuasion et ses qualités de logicien, va convertir les membres de l’Action française un par un. Maurice Barrès, grande figure du nationalisme et ami de Maurras, sera un des rares à résister aux syllogismes de son cadet. Il demeurera républicain jusqu’à la fin.

Dans une lettre du 22 août 1900, Barrès répond aux arguments avancés par Maurras dans son Enquête sur la monarchie. L’auteur des Déracinés concède tout d’abord un point à Maurras : « Pour m’en tenir à l’essentiel, je crois avec vous qu’il faut une raison qui commande dans l’État » et d’ajouter « Deux siècles de mauvais gouvernements ont enfoncé les Français dans cette erreur, où j’ai moi-même incliné un instant, que le mieux pour une nation était le moins de gouvernement possible. » Tous deux souhaitent le rétablissement d’un exécutif fort pour remédier aux dérives du parlementarisme. Barrès semble par ailleurs revenir de sa sympathie pour l’anarchisme qu’il avait développé dans sa première trilogie Le Culte du Moi. Cela dit, Barrès – même s’il semble avoir un profond respect pour le courant de pensée qui porte cette idée – estime que l’option royaliste n’est envisageable que si la famille héritière du trône suscite dans la population une sympathie et un enthousiasme important. Sans ce soutien du peuple, la monarchie n’a ni sens ni légitimité et voit son efficacité politique renvoyée à la pure théorie.

« Je comprends très bien qu’une intelligence jugeant in abstracto adopte le système monarchique qui a constitué le territoire français […] Mais dans l’ordre des faits, pour que la Monarchie vaille, il faudrait qu’il se trouvât en France une famille ralliant sur son nom la majorité (sinon la totalité), la grande majorité des électeurs ; or voilà qui n’existe pas », écrit Barrès. Contrairement à l’Allemagne ou la Russie, la France ne peut mettre de côté cette coupure violente entre le peuple et le roi que fut la Révolution française. Le ralliement des Français à la monarchie doit se faire de manière instinctive. Or, la république a pris une place importante dans l’imaginaire collectif. De plus, un roi se doit d’être entouré et Barrès remarque le profond déclin de l’aristocratie, ce « corps indispensable à la monarchie traditionnelle ».

Barrès n’ignore pas l’importance historique de la royauté. « Je ne date pas d’un siècle l’histoire de France, mais je ne puis non plus méconnaître ses périodes les plus récentes », écrit-il. À ses yeux, les Français sont désormais attachés au principe républicain comme ils l’étaient avant au principe d’hérédité. Si donc le Lorrain partage le constat de Maurras, il est en désaccord sur la méthode et lui suggère de renverser la perspective. « Ne pouvant faire que ce qui vous paraît raisonnable soit accepté de tous, pourquoi ne tâchez-vous pas que ce que la majorité accepte devienne raisonnable ? Au sommet de l’État, l’autorité, sur le sol et dans les groupes, la décentralisation, voilà des réformes que permet le système républicain et qui assureraient le développement des forces françaises aujourd’hui gravement anémiées », explique-t-il.






Souveraineté nationale et défiance vis-à-vis de la démocratie
Dans une lettre du 20 août 1900, Maurras répond aux objections de Barrès. Pour l’auteur de L’avenir de l’Intelligence, l’opinion publique attache peu d’importance à la nature du régime politique. « Car enfin que pourrait l’opinion que vous imaginez hostile et que je crois plutôt indifférente à la royauté ? Hostile même, elle serait tout d’abord impuissante et se laisserait réduire de jour en jour », explique-t-il. On retrouve ici la défiance de Maurras vis-à-vis de la démocratie et sa volonté de restaurer la verticalité du pouvoir. La souveraineté populaire n’existe pas dans l’idéal maurrassien, l’unique souveraineté est celle de la nation que le roi a pour tâche d’incarner. Pour Maurras, le peuple ne manquera pas de se rallier à un pouvoir si celui-ci s’exerce avec ordre et autorité. En effet, « il n’y a pas de volonté populaire, mais consentement […] les pouvoirs électifs sont de simples pouvoirs consultatifs ». Maurras ne manque pas non plus l’occasion de railler le républicanisme de Barrès, une de ces « petites coupures qui nous fascinent tant » et qui, par rapport à l’histoire millénaire de la monarchie française, feront « l’effet d’hiatus assez médiocres ».
Cette divergence fondamentale que Maurras résume à un problème de « méthode » n’empêchera pas Barrès de soutenir l’initiative de l’Action française au nom de l’unité du camp national. D’un côté, « l’énergie nationale » du Lorrain, de l’autre, « le nationalisme intégral » du Provençal. Barrès participera à des réunions organisées par l’Action française à partir d’un socle commun que Maurras résume ainsi dans une lettre d’avril 1901 : « La loi de ces réunions mixtes est bien simple ! 1° On est d’accord sur le nationalisme. Donc : vive la Patrie, la France, l’armée, etc. Tous les cris de ce genre sont la règle du jeu. 2° On n’est pas d’accord sur les moyens de réaliser le nationalisme. Que chacun vienne donc affirmer et vanter son moyen, qu’il soit applaudi par les siens […] »
L’habile Maurras présente donc le principe de ces conférences comme un équitable dialogue sur la meilleure méthode possible pour faire gagner les idées nationalistes. Néanmoins, certains événements laissent penser que le Martégal cherchait avant tout à instrumentaliser la figure de Barrès. Dans une lettre du 13 juin 1901, ce dernier s’agace lorsqu’on cherche à l’assimiler à la conversion de Vaugeois au royalisme. « Il n’y a pas à me mettre peu ou beaucoup à la suite de l’évolution de Vaugeois. Je ne la fais pas cette évolution et je ne l’approuve pas ; voilà la vérité ! […] C’eût été plus simple, plus honnête de s’en tenir à la note de l’Action française : laboratoire… Barrès qui n’accepte pas la solution monarchiste… », écrit-il à Maurras qui s’empresse de mettre cette confusion sur le dos d’un sous-fifre.

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L’échec de Maurras
En vérité, l’échec de Maurras à convertir Barrès au royalisme fut une des plus grandes déceptions de sa vie. Il écrit dans un article pour le Figaro du 24 septembre 1901 : « Comment s’y prendre Barrès pour constituer ce pouvoir central, pour le maintenir essentiellement et nécessairement dans le plan de l’utilité nationale ? On le lui demandait l’été dernier dans l’Enquête sur la monarchie que publiait la Gazette de France. Or Barrès n’a pas répondu : « Par la royauté ». C’est mon scandale. Barrès n’est pas royaliste. » Pendant longtemps, Maurras tentera de mettre Barrès face à ses erreurs logiques. Comment peut-on être nationaliste sans être royaliste, puisque le roi est la meilleure manière de restaurer l’autorité de la nation ? Comment peut-on rester attaché à la république alors qu’elle est responsable des dérives du parlementarisme et de l’affaissement de la France ? Si ces « désaccords sont bien légers », Maurras a toujours « l’impression d’une véritable guerre civile ». Il garde donc espoir de faire passer le pas à son ami. Il s’amuse à écrire dans une lettre de mai 1902 : « […] j’ai votre portrait sur ma cheminée, à la gauche de Philippe (duc d’Orléans et héritier du trône de France) auquel vous tournez le dos. Quand vous serez royaliste, je vous mettrai à droite et vous vous ferez compliment. »
Les réticences de Barrès sont dues à des enjeux philosophiques et notamment à son approche différente de la question de la liberté. Si Barrès a converti l’égotisme du Culte du Moi en patriotisme charnel de la Terre et des Morts, il n’en demeure pas moins attaché aux libertés individuelles que garantit le régime républicain. En revanche, Maurras est tout à fait prêt à sacrifier ces mêmes libertés pour rétablir la souveraineté nationale. La monarchie implique la soumission d’un peuple à une liberté supérieure qui le transcende, celle du roi. « Vous savez mon refrain, le roi, et je vous jure bien que je ne fais pas exprès de retrouver toujours et partout cette même solution. Je crois comprendre ce qui vous déplaît en elle, mais déplaisir ou non, n’est-ce pas là encore une fraction du déterminisme à accepter ? », écrit Maurras à Barrès en juin 1905.
Divergences philosophiques mais également rencontre manquée. Maurras estime que l’entrevue de Barrès avec le duc d’Orléans aurait pu faire tout basculer. « On me dit : « Mais peut-être se seraient-ils déplu ? Je n’en crois rien. Et même dans ce cas, mis au jour en présence d’une crise nationale importante, l’esprit de Barrès aurait fort bien pu se retourner spontanément vers une image princière, dont, pas plus que personne, il n’eût contesté la splendeur », note Maurras dans Maîtres et Témoins de ma vie d’esprit.
Barrès ne transigera jamais avec son républicanisme malgré tous les efforts du maître à penser de l’Action française. Cependant, ce sont plutôt les circonstances et une sorte de pragmatisme politique qui feront que Barrès rejettera l’option royaliste. En effet, Barrès n’est pas animé, contrairement à Péguy, par une véritable passion républicaine. La question institutionnelle n’est pas, à ses yeux, déterminante. « Je suis républicain depuis toujours ; c’est une habitude, mais où je ne mets pas de mysticisme. Je ne vois pas d’inconvénients au zèle d’un petite groupe de patriotes précautionneux qui ménagent au parti de l’ordre des réserves et, pour parler net, un en-cas », raconte-t-il dans un article du Gaulois intitulé Le problème de l’Ordre et publié le 9 juillet 1905.
La très grande liberté de Barrès lui permettra donc de soutenir Maurras tout au long de sa vie sans pour autant céder aux arguments du terrible logicien. « Quand Maurras crie : « Vive le Roi ! », je ne lui fais pas écho ; mais son cri ne me blesse pas. Je pense que la politique est l’art de tirer parti d’une situation donnée ; je crois que la qualité de monarchiste affaiblit encore l’influence des hommes d’ordre et les chances qu’ils ont de bien faire. » Barrès considère donc que le royalisme n’est pas une solution efficiente, qu’elle détourne de l’action au nom d’un idéal institutionnel. Le royalisme de l’Action française éloigne plus qu’il ne rapproche de l’exercice du pouvoir. Cela dit, Barrès reconnaît l’influence incontestable que Maurras a exercé sur les esprits de son temps : « Je ne suis pas prophète ; j’ignore si le néo-monarchisme agira un jour sur notre politique, mais on constate que, dès maintenant, il compte dans l’histoire de nos idées politiques. »

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Après le succès du #2 sur la terre et l'enracinement, PHILITT prend le large avec un numéro 3 consacré au voyage et à ses illuminations.

Pour explorer ce thème, Philitt vous propose la compagnie d'Arthur Rimbaud, saint Paul, Gulliver, Jack Kerouac –et d'autres encore–, ainsi qu'un entretien exclusif avec Sylvain Tesson.

PHILITT est un web magazine consacré à la philosophie, à la littérature et au cinéma. La critique de la modernité que formule PHILITT s’inspire d’auteurs comme Dostoïevski, Péguy et Bernanos. PHILITT revendique une certaine liberté de ton et ne se soumet pas aux injonctions du libéralisme culturel. Les rédacteurs de PHILITT sont tous bénévoles et issus d’univers différents : journalisme, audiovisuel, sciences humaines… PHILITT a pour ambition de penser l’actualité à travers des problématiques classiques. Pour autant, PHILITT ne fait pas dans l’anachronisme et considère avec Karl Marx que «l’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce».

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Charles Maurras par Alain de Benoist

Bulletin Charles Maurras

«On est frappé, écrit Alain de Benoist, de l’extraordinaire quantité de phénomènes dont Maurras a été le témoin, mais sur lesquels il est resté muet (ou aveugle). Alors qu’il a passé un temps extraordinaire à commenter au jour le jour la politique politicienne, Maurras a été incapable d’analyser le mouvement de la modernité, d’étudier la montée de la bourgeoisie, d’énoncer la moindre considération théorique sur la philosophie du droit, le paradigme de l’échange, l’essor de la technique, les conditions du changement social. Il n’y a pas non plus dans son œuvre d’analyse du fordisme, du taylorisme, de l’américanisme. (…) Rarement un théoricien politique aura été aussi peu analyste des doctrines et des tendances profondes de son temps. Parmi les grands auteurs, Maurras ne s’intéresse guère qu’au domaine littéraire. Dans le domaine politico-idéologique, son univers reste essentiellement celui du XIXe siècle. (…) Maurras réagit en écrivain, en artiste, en poète. (…) C’est peut-être ce qui explique qu’il n’y ait jamais eu chez lui de véritable profondeur conceptuelle, tandis qu’il exerça une séduction durable sur des hommes que des écrits purement théoriques auraient ennuyés».
Mais Alain de Benoist tempère, bien évidemment, son jugement en rappelant qu’il faut périodiser l’œuvre de Maurras. L’âge d’or du maurrassisme «a correspondu à cette période où le jeune Maurras, fédéraliste et antichrétien, rêvait d’«helléniser le monde» et se disait persuadé qu’«un socialisme, libéré de l’élément démocratique et cosmopolite, peut aller au nationalisme comme un gant bien fait à une belle main». Alain de Benoist conclut son propos en appelant de ses vœux une reprise des études maurrassiennes dans l’esprit de ce qu’avait entrepris Victor Nguyen (auteur du livre Les origines de l’Action française) et en faisant part de son admiration «pour ce vieux lutteur qui a consacré toute sa vie à ses idées, et qui a su les servir avec autant de courage, de passion et de désintéressement».

En itégralité ici 

Source: GRECE

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Nouvelle Ecole n° 66 Charles Maurras sur Métapo Infos :

Nous vous signalons la parution du nouveau numéro de la revue Nouvelle Ecole (n°66, année 2017), dirigée par Alain de Benoist, avec un dossier consacré à Charles Maurras. La revue est disponible sur le site de la revue Éléments ainsi que sur celui de la revue Krisis. Les parisiens pourront également la trouver à la Librairie Facta. 

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Nouvelle Ecole n°66 Charles Maurras - Année 2017
Au sommaire :
Un portrait de Charles Maurras (Olivier Dard)
Le jeune Maurras, félibre et fédéraliste (Rémi Soulié)
Maurras et l’abbé Penon (Axel Tisserand)
Heidegger et Maurras à Athènes (Baptiste Rappin)
La République, la bourgeoisie et la question ouvrière (Charles Maurras)
Kiel et Tanger ou la géopolitique maurrassienne (Martin Motte)
Entretien avec Gérard Leclerc
Maurras et le romantisme (Alain de Benoist)
Charles Maurras et le positivisme d’Auguste Comte (Francis Moury)
Maurras en Amérique latine (Michel Lhomme)
Antigone (Charles Maurras)
Pierre Boutang ex cathedra (Francis Moury)
Bibliographie maurrassienne : 2004-2016 (Alain de Benoist)
Et aussi :
Le slavophilisme, une utopie conservatrice russe (Vassily Leskov)
Siva et Dionysos (Jean Haudry)
Dépendance des États et globalisation (Teodoro Klitsche de la Grange)

Charles Maurras : un portrait politique, Olivier Dard

VIDEO Charles Maurras : un portrait politique.
Entretien du Cercle Henri Lagrange avec Olivier Dard (historien, agrégé, docteur en histoire contemporaine et professeur à l'université Paris-Sorbonne - Paris IV)
Et à lire dans Nouvelle Ecole n°66: un portrait de Charles Maurras par Olivier Dard (pages 9 à 48).
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 Au sommaire du n°66 de Nouvelle Ecole :
  • Un portrait de Charles Maurras (Olivier Dard)
  • Le jeune Maurras, félibre et fédéraliste (Rémi Soulié)
  • Maurras et l’abbé Penon (Axel Tisserand)
  • Heidegger et Maurras à Athènes (Baptiste Rappin)
  • La République, la bourgeoisie et la question ouvrière (Charles Maurras)
  • Kiel et Tanger ou la géopolitique maurrassienne (Martin Motte)
  • Entretien avec Gérard Leclerc
  • Maurras et le romantisme (Alain de Benoist)
  • Charles Maurras et le positivisme d’Auguste Comte (Francis Moury)
  • Maurras en Amérique latine (Michel Lhomme)
  • Antigone (Charles Maurras)
  • Pierre Boutang ex cathedra (Francis Moury)
  • Bibliographie maurrassienne : 2004-2016 (Alain de Benoist)
Et aussi :
  • Le slavophilisme, une utopie conservatrice russe (Vassily Leskov)
  • Siva et Dionysos (Jean Haudry)
  • Dépendance des États et globalisation (Teodoro Klitsche de la Grange)


Nouvelle Ecole n°66 : Charles Maurras



Nouvelle Ecole 66 Charles Maurras Alain de Benoist
Nouvelle Ecole n°66 : Charles Maurras - Parution Janvier 2017


Charles Maurras (1868-1952) fut pendant des décennies à la fois un écrivain, un poète, un théoricien, un chef d’école et l’animateur d’un mouvement politique dont l’influence s’est révélée remarquablement durable. C’est là un cas extrêmement rare. Les chefs politiques ont rarement été de véritables théoriciens, et les idéologues ont rarement eu la capacité (ou le désir) d’animer des mouvements politiques. S’y ajoute un magistère intellectuel qui, avec des fortunes diverses, et non sans avoir suscité bien des dissidences, s’exerce encore aujourd’hui sur bon nombre de ceux qui veulent « penser clair et marcher droit ». Maurras et l’Action française, enfin, sont indissociables, et c’est pourquoi le parcours individuel de l’auteur d’Anthinéa ne peut être séparé d’une aventure collective. Toutes ces caractéristiques justifient à elles seules l’intérêt qu’on doit lui porter. (…) À partir d’une vision assez idéalisée de l’Ancien Régime, Maurras, convaincu que la monarchie se démontre à la façon d’un théorème, tendait à tout ramener au problème des institutions. Ce faisant, il ne voyait pas que des institutions différentes peuvent aller de pair avec un état social identique, et qu’à l’inverse, d’une époque à l’autre, ou d’un pays à l’autre, des institutions identiques peuvent fonctionner de manière toute différente – surtout quand ce sont les mœurs qui déterminent les lois (et non l’inverse). Les paradoxes de la pensée de cet apologiste de la culture catholique qui fut de 1926 à 1939 condamné par le Vatican, de ce royaliste finalement désavoué par le prétendant au trône, ont été maintes fois relevés. (…) Il fait gloire à la France d’avoir constamment lutté contre l’Empire mais fait en même temps l’éloge de la romanité, dont le principe impérial était exactement le contraire de celui de l’État national. Il affirme hautement son souci de l’« universel », mais ne conçoit d’application de ses principes qu’au niveau hexagonal. Sa conception même du politique est pour le moins équivoque, ce dont témoignent les contresens dont n’a cessé de faire l’objet le fameux « politique d’abord ! » (…) Quoi que l’on pense de sa doctrine, on ne peut avoir que de l’admiration pour ce vieux lutteur qui a consacré toute son existence à ses idées, et qui a su les servir avec autant de courage, de passion et de désintéressement. Au-delà de ses erreurs et de ses jugements parfois si injustes, ce courage, ce désintéressement, cette exigeante passion, sa sincérité extrême, sa ténacité et la somme incroyable d’efforts qu’il a su déployer au cours de sa vie, commandent le respect. Il y a chez Maurras, ce Don Quichotte dont Léon Daudet fut le Sancho Pança, quelque chose de très proprement héroïque. Il n’y a pas beaucoup d’hommes publics dont on puisse en dire autant.



Charles Maurras Présent Nouvelle Ecole 66
Charles Maurras dans la revue Présent
Pages Littéraires - 11 février 2017





Au sommaire du n°66 de Nouvelle Ecole :
 Un portrait de Charles Maurras (Olivier Dard)
Le jeune Maurras, félibre et fédéraliste (Rémi Soulié)
Maurras et l’abbé Penon (Axel Tisserand)
Heidegger et Maurras à Athènes (Baptiste Rappin)
La République, la bourgeoisie et la question ouvrière (Charles Maurras)
Kiel et Tanger ou la géopolitique maurrassienne (Martin Motte)
Entretien avec Gérard Leclerc
Maurras et le romantisme (Alain de Benoist)
Charles Maurras et le positivisme d’Auguste Comte (Francis Moury)
Maurras en Amérique latine (Michel Lhomme)
Antigone (Charles Maurras)
Pierre Boutang ex cathedra (Francis Moury)
Bibliographie maurrassienne : 2004-2016 (Alain de Benoist)

Et aussi :
Le slavophilisme, une utopie conservatrice russe (Vassily Leskov)
Siva et Dionysos (Jean Haudry)
Dépendance des États et globalisation (Teodoro Klitsche de la Grange)

Prix de vente: 25 euros TTC 
sur Krisis DiffusionRevue Eléments 
et Les Amis d'Alain de Benoist (port non inclus)





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Nouvelle Ecole n°66 en vente sur Krisis Diffusion


Nouvelle Ecole n°66 Charles Maurras

CHARLES MAURRAS.
Numéro 66 / Année 2017. 

Responsable de publication: Alain de Benoist.

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Nouvelle Ecole n°66
Année 2017
Charles 

Maurras



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